Un avis de BoDoï sur Le Procès


Un avis de BoDoï sur Le Procès

mis en ligne le 1er février 2010

Un certain Roure écrit ce qui suit dans “Bodoï”, journal de pubs voué à la bd commerciale et spectaculaire.


Le Procès

Posté par Benjamin Roure le 5 jan 2010 dans Critiques
Par Chantal Montellier et David Zane Mairowitz, d’après Frantz Kafka. Actes Sud, 18 €, novembre 2009.

Mais de quoi est donc accusé Joseph K. ? On ne le saura jamais, et ce n’est finalement pas le propos d’un des textes les plus fameux de Frantz Kafka. Le Procès met en scène un homme qui doit être jugé pour un délit qu’on ne lui révélera pas et qui se retrouve aspiré par une machine bureaucratique, procédurière et absurde. Jusqu’à la folie, jusqu’à la mort…

Cette adaptation écrite par David Zane Mairowitz, qui avait déjà signé la magnifique biographie de Kafka dessinée par Robert Crumb, se révèle un peu décevante. Sans doute parce qu’elle se veut ultra-fidèle et peine à s’approprier le roman paranoïaque originel, pour le transformer une oeuvre plus personnelle, comme l’avait par exemple fait Orson Welles avec sa transposition cinématographique. Chantal Montellier multiplie les artifices graphiques (textes énormes, pages déstructurées, très gros plans sur les visages), mais perd trop souvent en lisibilité et en puissance. Ses portraits de Joseph K. sont figés, car systématiquement calqués sur une des rares photos de Kafka connues. On retrouve aussi des citations visuelles appuyées à Tardi et Crumb, ce qui anéantit parfois l’originalité du travail réalisé. Néanmoins, malgré ces défauts qui dénotent sans doute d’une trop grande révérence au texte (qu’on pardonnera aisément), on ne peut que demeurer fasciné par celui-ci. Le Procès, publié en 1925 après la mort de son auteur, est toujours d’une force extraordinaire, une oeuvre forte sur la paranoïa, le sentiment de culpabilité, le basculement dans la folie et la pression du conformisme familial et social. On appréciera également les repères donnés en fin d’ouvrage sur les multiples interprétations possibles de ce grand roman.


RIEN à sauver mais tout à démolir systématiquement, donc, dans mon album, mes dessins, ma vison du Procès, mon adaptation. Pas assez spectaculaire sans doute ? Pas assez fille de pub, Montellier ?

RIEN, Nada, zéro, n’est-ce pas trop pour que cet ”article” soit vraiment honnête, objectif ?

Par ailleurs, ce “journal” a pré-publié un certain nombre d’auteurs : cherchez la femme...!


Au hasard, une couverture de la chose bodoïesque... “Explorateurs de bandes dessinées” soit-disant. N’aurait-il pas été plus honnête d’écrire sous une telle image, pornographique car racoleuse, vulgaire et obscène : “exploiteurs de bandes dessinées ?”