Conte de noël


Conte de noël

mis en ligne le 2 janvier 2011

23 décembre 2010

Hier, dans le métro, un homme d’une cinquantaine d’années s’est approché de moi pour me demander une pièce.

- ”J’en ai demandé une à la dame là-bas, dit-il, la bourgeoise avec la fourrure ; elle m’a tendu un euro en disant : -“Tenez, mais n’allez pas la boire, vous sentez déjà le vin !”
Je ne risque pas de sentir le vin, je ne bois plus depuis plus de 10 ans... Du coup je lui ai rendu sa pièce !”

- "Vous avez bien fait, lui ai-je répondu en lui tendant quelques euros ; vous auriez du lui dire : - et vous madame, vous puez le fric et le fric, c’est de la merde.” (à en croire Sigmund qui ne le détestait pas !). L’homme a ri et m’a dit merci.
A l’autre bout du métro il riait encore.

J’ai alors pensé à ces albums (Les rêves du fou, Blues, L’esclavage c’est la liberté...) que j’ai faits à une certaine période de ma vie, celle correspondant au pire de la grande casse industrielle, sociale, humaine sous le règne des “socialistes” de la gauche caviar. Des albums sur ces hommes et ces femmes à terre, ceux qu’on piétine sans les voir... Les humiliés, les offensés, les dépossédés. J’ai pensé à la lâcheté sans borne de nos politicards de tous poils...

“Ils ne veulent pas plus de vérité, de beauté et de justice, ils veulent seulement être bourgeois comme les bourgeois”, ai-je lu quelque part... C’est assez vrai.

J’ai aussi pensé à ce vieillard de 93 ans, Stéphan Hessel, qui se dresse au bord de sa tombe et qui hurle une dernière fois :”INDIGNEZ-VOUS !”
J’ai pensé à tous ceux qui ne l’entendront pas, innombrables. Ceux que le bruit des mass média rend sourd.

J’ai aussi pensé à ce que me répétait ma psy, une grande dame, auteur de livres admirables comme “Partage des femmes” (1982) qui eut un grand retentissement, notamment sur les milieux intellectuels féministes...
“... Votre conscience de la souffrance et de la mort est très grande et le restera quoique vous fassiez. Certes, ça ne vous simplifie pas la vie, au contraire, ça vous la rend même plutôt invivable... Et puis on vous confond avec vos personnages, c’est dangereux.”

Oh combien !

Aussi, grosse envie, pour l’année qui vient, de “cultiver –enfin- l’insoutenable légèreté de l’être” ! Du moins d’essayer. Mais je crains que ce qui s’annonce à l’horizon ne le permette guère.

Alors, unissons nos forces pour combattre et défendre Artémisia et nos libertés. Nos ennemis marchent à notre tête et les prédateurs sont partout ! A ce sujet regardez cette vidéo, elle est une sublime leçon de solidarité que les bêtes donnent aux hommes. Le retournement final est particulièrement impressionnant...

Bises à tous,

C.

http://www.youtube.com/watch?v=LU8DDYz68kM