Sortie de L’inscription !


Sortie de L’inscription !

mis en ligne le 4 septembre 2011

Le dernier album de Chantal Montellier, intitulé L’inscription (vous pouvez découvrir la page de couverture, quelques images et le résumé de l’album dans la colonne ci-contre), est en librairie depuis le 6 septembre.

En avant-première, quelques lecteurs se sont plongés dans les déboires de Caroline pour son "inscription dans le réel". Voici une sélection des critiques déjà parues sur l’œuvre :

- Sur le site de la Fnac, Thomas a écrit :

L’inscription, ou comment éviter de faire la queue pour finir au téléphone rose

Ah, le conformisme ! Tout le monde l’exècre et le dénonce à tour de bras mais la majorité s’y plie toujours et – pire - l’impose aux autres. Que dire du regard d’autrui quand on se déclare poète dans notre société rationnelle et cadrée ? et c’est d’autant plus dur d’être pris au sérieux quand on est une femme dans notre monde légèrement misogyne.

Le livre s’ouvre sur un poème de Caroline Montbrasier puis une scène évoquant Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll, où notre héroïne apprend qu’elle doit s’inscrire dans le réel à la mairie. Si la petite fée qui l’accompagne la met en garde, la ballade d’Alice va se muer en un calvaire comparable à celui des héros Kafkaïen.

Pervers, l’inscripteur se trouve être l’incarnation même de l’absurdité alors qu’il pousse Caroline dans le droit chemin. Il lui faut un vrai travail, de vraies ambitions et se plier aux horaires quel qu’ils soient – car ils symbolisent la norme.

« Etre inscrite, cela veut dire adapter son comportement et son image à la norme en vigueur ! Cela veut dire apprendre ! Apprendre le haut idéal de l’effort personnel. Apprendre le travail obscur, appliqué, répétitif. »

La violence psychologique est permanente et en croyant bien faire, l’héroïne s’est embarquée dans une histoire de fou. Trompé par de pseudo révolutionnaires. Mise à mal par l’autorité. Elle accepte un emploi dans un call-center porno et se voit rabaissé à éponger des phantasmes malsains par téléphone. Comme si elle descendait dans les profondeurs d’un Enfer quotidien à chaque tentative de s’inscrire dans le réel, jusqu’à son procès en bonne et due forme.

Mettant en relief quelques uns des travers de notre société moderne, cet album ne cherche pas à donner de leçon. C’est une histoire toute personnelle, on en retirera ce que l’on voudra. Mais pas mal de ces pages portent un écho saisissant avec notre réalité – sommes nous inscrits de force ? - et il est difficile de ne pas avoir un sentiment désagréable de déjà vu.

C’est drôle, tragique et on pourrait rapprocher cet album du Théâtre de l’absurde. Le comique amorce la réflexion et l’auteur utilise tous les moyens à sa dispositions pour nous entrainer, ce n’est pas seulement une histoire et des dialogues bien tournés. L’univers visuel et plastique, la mise en page autant que le recours aux poèmes et aux citations, l’intertextualité même, nous immergent dans cet univers hors du temps mais terriblement contemporain.

C’est une belle réussite, Chantal Montellier renoue avec ses thèmes fétiches dans une bande dessinée-monde qui est une véritable clef de son univers pour ceux qui aimeraient aller plus loin. Une réflexion immersive, sûr et clairement du côté de l’imaginaire face au pouvoir et à la peur.

En guise de conclusion je recopie la citation qui ouvre le livre, comme quoi les débuts n’ont pas de fin et inversement. Elle est d’André Breton, grand donneur de leçon devant l’éternel, mais qui avait également un pied hors de la réalité et une sensibilité ingénue : « La rébellion porte sa justification en elle-même. Tout à fait indépendamment des chances qu’elle a de modifier ou non l’état de fait qui la détermine. Elle est l’étincelle dans le vent, mais l’étincelle qui cherche la poudrière. »

Publié le 25/08/2011

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- L’Avis des Bulles, le mensuel critique de la bande dessinée, a également publié un article sur L’Inscription, dans son numéro de juillet-septembre 2011 :

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