Une expo magnifique


Une expo magnifique

mis en ligne le 11 novembre 2013

(comme je n’en ai jamais eue en 40 ans de création en France !) est visible jusqu’au 7 février 2014 à la Maison de la Littérature de Stuttgart.

Entourant le grand spécialiste de Kafka, David Zane Mairowitz,
auteur d’une passionnante biographie et d’adaptations bd des oeuvres de
l’écrivain pragois, trois dessinateurs sont rassemblés et leurs images
mises en scène avec une grande intelligence et beaucoup d’ingéniosité.

Ainsi, les graphismes de Robert Crumb (Kafka), Jaromir (Le Château) et moi-même (Le Procès) se côtoient avec un vrai bonheur malgré des styles extrêmement différents. L’expo a été montée par Malgorzata Zerwe et David Zane Mairowitz lui même, avec l’aide logistique de Julia Kühne et l’association Gold & Wirtschaftswunder.

Après Stuttgart, l’exposition ira à Salzburg en Autriche, puis Prague, Munich et
sans doute Berlin.

Si la Gestapo de la Kulture Franzose, qui m’interdit d’expo digne de ce nom depuis 40 ans (sans que ça scandalise personne), nous laisse entrer, vous aurez
peut-être la possibilité de la voir à Pariz.

Achtungserfolg assuré !

En guise de petit apéritif quelques “captures d’images” suivies d’un article sur Le Procès, publié en France par Actes Sud :

Le Procès

D’après l’oeuvre de Franz Kafka

de Chantal Montellier, David Zane Mairowitz

Editeur : Actes Sud

Parution : 14 Novembre 2009

CRITIQUE DE LA RÉDACTION

Par Mikaël Demets

Après son ’Kafka’ réalisé avec Robert Crumb, David Zane Mairowitz s’allie cette fois à Chantal Montellier pour creuser un peu plus dans l’oeuvre de l’écrivain tchèque, en se concentrant cette fois sur son roman le plus fameux : ’Le Procès’. Très fidèle au texte originel, cette adaptation est l’occasion de redécouvrir un récit qui, lecture après lecture, ne cesse de révéler de nouvelles dimensions. Cette version dessinée prend soin de ne fermer aucune porte : plutôt que d’opter pour une interprétation, Mairowitz et Montellier s’appliquent au contraire à faire remonter l’infinie pluralité de ce roman labyrinthique. Toujours soucieuse de renouveler son langage graphique et de proposer à chaque album une esthétique en parfaite corrélation avec le texte qu’il illustre, Chantal Montellier oscille entre un ultraréalisme froid et un traitement plus chaotique, qui voit les vignettes se déchirer, les traits des personnages se déformer. Inquiétant, sinueux, son dessin lorgne vers le surréalisme (on pense notamment aux gravures de Max Ernst), et joue sur une symbolique macabre, peuplée de petits squelettes virevoltants et de montres inarrêtables, comme autant de culs-de-lampe menaçants et insidieux qui, à force, contaminent le récit. Inattendue, la pointe d’érotisme qui surgit au détour des personnages féminins ajoute encore à la multiplicité des sentiments forts, troublants et contradictoires que suscite cette adaptation indéniablement réussie.