Le 27/07/2007


Le 27/07/2007

mis en ligne le 27 juillet 2007

Comme chaque année, à l’occasion du festival d’Avignon, le collectif culture du parti communiste a publié "CIGALE", un 8 pages gratuit.

Ce sont des pages nourries de textes plutôt passionnants signés Bernard Doray, Alain Foix, Aminata Traoré, Yves Clot, Aline Piailler, Denis Fernandez-Recatala...

J’ai été contactée par Laurent Klajbaum, pour faire la partie images de ce numéro 4.

Pour ce faire, j’ai puisé dans une iconographie de propagande (bolcho pour le côté rouge de la commande) puis l’ai immergé dans la déferlante bleue (cela pour le contexte politique dans lequel nous baignons).
Simple, mais pas forcément inefficace.

Que n’avais-je osé faire ! Si le résultat de ma petite cuisine graphico-politique a beaucoup amusé certains, il a aussi déclenché la fureur de certains autres, genre : "touche pas à mes icônes !"

Voir le résultat de ces disputes sur le forum culture du pcf, le site de la revue "Cassandre" (à : mini cassandre) et le site Bellaciao...

Rire ou pleurer ?

Personnellement je choisi d’en rire avec Bernard Doray et quelques autres.

Amicalement à tous.


En lisant les pages intitulées « sur le ring » du « micro Cassandre » élaboré par Valérie de Saint Do, au sujet du numéro 4 de Cigale et des réactions que mes illustrations ont provoquées, il m’est venu l’envie de faire deux ou trois commentaires.

D’abord, sur le texte de Marie-José Mondzain s’adressant à Alain Foix qui a pris ma défense :
- Je remercie Alain Foix de me donner une leçon d’analyse des images, de critique d’art et d’humour, d’histoire de l’art, d’histoire politique des images et des idées, de philosophie du visible, écrit-elle en substance...

Rien que ça !?

Cette honorable dame pense donc n’avoir dans tous ces domaines, qu’elle maîtrise à la perfection, de leçons à recevoir de personne ?
C’est impressionnant tant de savoir ! J’en tremble.

Cher Alain Foix, vous êtes un sacré prétentieux pour oser donner toutes ces leçons à une telle personne, une seule et unique leçon d’humour aurait largement suffi !

Marie-José Mondzain écrit aussi : « Vous avez été déçu par Staline et par Mao, aujourd’hui c’est Sarkozy qui vous déçoit ! »
La charité m’interdit de rire devant tant de perspicacité.

Sous la même plume, cette phrase : « Tous ceux qui réfléchissent ne cessent de répéter que si on ne réinvente pas un imaginaire et une culture de gauche c’est foutu pour toujours ; »

Le seul hic, chère Madame, c’est qu’un Imaginaire et une Culture, ça ne s’invente pas comme l’ampoule électrique et la machine volante ! « Ceux qui réfléchissent » devraient... y réfléchir.

Un autre intervenant, Gérard Paris-Clavel, qualifie mon humour « d’humour rouge à 12 ° 5 »... Le sien est sûrement d’un cru bien supérieur : un Château VIP ?

Malgré toute sa science de l’image, je voudrais expliquer à Gérard qu’avant de mettre Sarkozy en scène comme « révolutionnaire » je donne à voir (à ceux qui ont des yeux pour ça), un oxymoron. C’est-à-dire un homme de droite, candidat des riches et de la haute bourgeoisie, maire de Neuilly, jouant aux héros des masses populaires avec des formules comme : « Je veux réhabiliter le travail ! » (et donc les travailleurs eux-mêmes CQFD). « Je ferai le changement sans que personne n’ait le sentiment de se sentir exclu, laissé pour compte » (lui, le candidat des patrons dégraisseurs !)
Il appelle les puissants de ce monde à « entendre la voix des peuples... La colère des peuples... »

On croit rêver !? On ferme les yeux et on imagine un leader ouvrier ! C’est pas Sarko, c’est Maurice Thorez ! Lénine, peut-être ?

Non, non, c’est bien le maire de Neuilly qui parle ! Mais que sait-il du Peuple Nicolas Sarkozy de Nagy Bocsa ? Ce qu’en disent les rapports de police ?

Ce que je représente, c’est cette imposture et comme l’écrit très justement Bernard Doray, « en politique, un oxymoron est toujours synonyme d’arnaque ».

C’est cette arnaque-là que j’ai désiré rendre visible.

Écrire qu’ainsi j’offre « en transformant Sarkozy en bolchevik, (tendance Stakanov, alors ?) un espace qu’il n’aurait pas osé récupérer » me semble manifester d’une certaine légèreté. Comme si Sarkozy songeait à récupérer ce genre d’espace ! Allons, Paris-Clavel, soyons un peu sérieux !

Alain Foix, lui, est interpellé sur le thème : « ... Tu peux si tu en as envie pisser sur l’urinoir de Duchamp, mais reconnais qu’il serait peu inventif de chier dedans. » On appréciera l’humour délicat, quoiqu’un peu scatologique, de l’auteur.
Le niveau du débat s’élève encore, après le gros rouge qui tache, le pipi-caca...

Alain Foix écrit : « Ce ne sont pas les images qui élèvent la pensée ». Ce qui précède lui donne hélas, raison. (GPC, parle par images !)
Pourtant, certaines la stimulent et la provoquent, ce qui n’est déjà pas si mal !

Mais laissons Paris-Clavel à son « épicerie d’art frais » comme il définit lui-même sa structure « Ne pas plier ».
(S’il m’arrive d’intervenir sur le même terrain que les épiciers, c’est en chasseuse-nomade d’imaginaire et non en boutiquière installée.)

Plus sérieusement, je remercie Valérie de Saint Do pour son décryptage et le travail de recomposition du débat qu’elle s’est donné la peine de faire.

Elle écrit fort justement : « En recyclant ces images, Chantal Montellier a posé non seulement la question du devenir d’une imagerie et d’un imaginaire, mais aussi celle de l’iconographie d’une publication ».

Espérons que ces questions une fois soulevées, la Culture et l’Imaginaire qui sont dessous, (ainsi que les créateurs), pourront se redresser !

Pour ce qui est de la volée de bois vert venue des tenants de la Vérité en matière d’images politiques, ne sanctionne t-elle pas avant tout ceci : une double transgression :
1) Celle d’être intervenue sur un territoire que certains s’approprient abusivement.
2) Ramener en lumière des images que tous ou presque s’entendent à considérer comme n’ayant plus droit de citer et ceci pour des raisons bien souvent mal analysées.

C.M.