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Odile et les crocodiles :

Odile et les crocodiles

mis en ligne le 26 septembre 2008


aux Editions de l’An 2, janvier 2008

Extraits, présentation et réaction presse sur le site de l’éditeur

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Article paru dans Télérama

mis en ligne le 26 septembre 2008


- Odile et les crocodiles
- Bande dessinée - Chantal Montellier

CRITIQUE TELERAMA

Paru en 1984, cet album, réédité aujourd’hui dans une version corrigée, reste un titre-phare de ce qu’on appelle « la bande dessinée engagée ». Chantal Montellier est une dessinatrice de combat(s). Sa radicalité, elle l’a sublimée dans des brûlots glacés d’une percutante invention graphique. Celui-ci tient en trois phrases. Odile est violée. La justice la traite en quasi-coupable. Elle décide de se venger... « Les crocodiles » sont les prédateurs qu’elle croise en chemin et qu’elle élimine sans arriver à liquider pour autant ce passé qui ne passe pas.

Jamais l’expression « jungle urbaine » n’a mieux convenu qu’à cette anti-odyssée dans les bas-côtés sombres, sans issue, de la ville. Mais ce réalisme cru est un leurre : constamment parasité, et enrichi, par les images mentales de l’héroïne, il est parsemé de symboles cinglants et déjoué par les subtilités d’une remarquable marqueterie narrative. La vision abrasive de Chantal Montellier est en phase avec le féminisme de l’époque et avec ses points de vue tranchés. Mais, mieux que dans certains titres ultérieurs, encombrés de « messages » surlignés, l’artiste impose ici à la militante cette lucidité mordante qui est l’apanage des meilleurs romans noirs.

Jean-Claude Loiseau

Revue de presse

mis en ligne le 26 septembre 2008


Revue de presse

Odile et les crocodiles
Actes Sud - l’An 2 2008 / 19.50 € - 127.73 ffr. / 62 pages
ISBN : 978-2-7427-7137-9
FORMAT : 22 x 30 cm

« Et si c’était Montellier la Duras de la BD ? »

Les Inrockuptibles


« Le propos et son côté psychédélique fascinant méritent d’être partagés par le plus grand nombre »

Métro


« Jamais l’expression "jungle urbaine" n’a mieux convenu qu’à cette anti-odyssée dans les bas-côtés sombres, sans issue, de la ville. Mais ce réalisme cru est un leurre : constamment parasité, et enrichi, par les images mentales de l’héroïne, il est parsemé de symboles cinglants et déjoué par les subtilités d’une remarquable marqueterie narrative. (...) L’artiste impose ici à la militante cette lucidité mordante qui est l’apanage des meilleurs romans noirs. »

Télérama


"Odile B, comédienne, est agressée dans un parking au sortir d’une représentation. La Justice la traite en coupable plutôt qu’en victime. Alors elle entreprend de se faire justice elle-même... C’est le début d’une odyssée urbaine parsemée de rencontres et de meurtres, contée par Odile elle-même. « Fable sans morale » sur le thème du viol, dont l’héroïne se transforme à son tour en ange exterminateur, « Odile et les crocodiles » est un cri contre l’asservissement des femmes et l’un des plus beaux livres de Chantal Montellier ..." Des planches de la BD à voir ici

Mon avis : aucune description de viol dans le texte ou l’image pour complaire aux voyeurs, merci ! Odile est un personnage désabusé... Traduit par le beau trait à l’encre de Chantal Montellier.

Il s’agit d’une ré-édition et l’auteure a écrit une petite mise au point qui m’a particulièrement touchée. Pour dire que cette histoire n’est pas la sienne. Tout comme les auteurs ont des ressentis en commun avec leur personnage mais ne « sont pas » leur personnage.

Le sens de cette mise au point est fondamental. Une femme ne peut exprimer de profonde révolte sans qu’on la renvoie à son individualité. Or, dénoncer la violence quand tant de femmes la subissent, et même si on l’a subie soi-même, c’est toujours sortir de soi, individue, pour aller vers un "ensemble"...

Renvoyer la femme à son individualité, c’est lui refuser la conscience politique et la force qui va avec. En proclamant qu’elle n’avait pas subi de viol et en réalisant cette bande dessinée qui hurle dans le silence, Chantal Montellier se situe en plein dans la conscience politique. Voilà ce que j’ai par dessus tout aimé !

Blog d’une "Chienne de garde"
27 février 2008


Première réédition depuis 1984 de la plus belle BD féministe jamais parue en France, Odile et les Crocodiles retrace le travail de vengeance d’une femme violée dans sa traque aux "sauriens", aux prédateurs mâles, en réponse à la violence et à l’oppression phallocrates.

L’univers graphique de Chantal Montellier est tout bonnement époustouflant, le propos d’une finesse et d’une intelligence rares...

Le SCUM n’est pas mort, mes soeurs !

David REY le 14 février 2008

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Lézards premiers
Chantal Montellier

Depuis 2003 et la publication chez Vertige Graphic de Social Fiction, regroupant trois albums parus entre 1978 et 1982 dans Métal Hurlant, Chantal Montellier est revenue en force sur le devant de la scène BD. Les Damnés de Nanterre en 2005 puis Tchernobyl mon amour en 2006, notamment, auront été très remarqués par la critique. Au moment où Montellier vient de terminer The Trial, une adaptation du Procès de Kafka à paraître en Grande-Bretagne au mois de mars, les éditions Actes Sud et L’An 2 publient de ce côté-ci de la Manche une nouvelle édition d’Odile et les crocodiles, paru en 1984. Nouvelle couverture, fonds de pages colorés, retouches et recomposition de certaines planches : voilà pour le toilettage de l’album qui, par ailleurs, n’a rien perdu de sa force.

Odile, l’héroïne de cette histoire, est victime d’un viol dans un parking sous-terrain. Au terme d’un procès mené à la va-vite, les trois inculpés sont acquittés et, à la faveur d’un trop classique retournement de situation, la « femme salie » devient aux yeux de tous « une sale provocatrice » (on pensera aux Accusés, le film de Jonathan Kaplan sorti en 1988). Détruite par son agression et le verdict du juge, Odile pousse la porte d’un psychanalyste, espérant entamer un chemin de reconstruction, mais celui-ci s’avère aussi caricatural que machiste (la scène est d’ailleurs une perle d’humour cynique, un des nombreux aspects du talent de Montellier). Puisqu’elle n’a rien à attendre de la justice des hommes ni des pansements freudiens, Odile ouvre les vannes de ses pulsions de vengeance : dans cette jungle peuplée de crocodiles, désormais ce sera elle, la prédatrice. Son premier meurtre, elle ne l’a pas prémédité. Mais rapidement, elle se met à « chasser le crocodile », engeance fréquemment observée au coeur de la nuit urbaine.

Tout l’album ou presque est un récit à la première personne. Allongée auprès de son amant, Odile lui raconte son histoire et son odyssée meurtrière. Ce procédé permet une prise de recul, un questionnement d’Odile sur elle-même, qui évite un double écueil : celui d’un propos radicalement hostile à la gent masculine, et celui qui reviendrait à justifier une loi du Talion exacerbée (selon la logique suivante : « un crocodile m’a détruite, j’exterminerai l’espèce »). Si Odile a fini par se reconstruire (le contexte amoureux dans lequel elle parle le confirme), elle n’est cependant pas prête à oublier. Tout le propos de Montellier est là : rappeler que l’horreur du viol est indélébile. Le viol, ici érigé par l’auteur en symbole extrême du « servage de la femme » (l’expression est empruntée à Rimbaud, cité en exergue de l’album), qu’il n’est toujours pas, en 2008, ridicule de dénoncer. Car, si les femmes vivent bien sûr aujourd’hui davantage « pour elle[s] et par elle[s] » (Rimbaud, toujours), combien encore de femmes battues, excisées, violées, voilées ou pornographiées ?

La réédition de ce très bel album, au scénario finement ciselé et au graphisme classique et épuré, est donc à saluer. Les Accusés avaient valu à Jodie Foster l’Oscar de la meilleure actrice ; souhaitons que la renaissance d’Odile soit d’aussi bon augure pour son auteur !

Anne Bleuzen
Parutions.com

( Mis en ligne le 20/01/2008 )


+ Participation à l’émission culturelle "Les mots de minuit"

FRANCE 2 - DES MOTS DE MINUIT - du 23 janvier 2008

- Chantal Montellier (auteur de B.D), pour "Odile et les crocodiles" chez Actes ... découvrez et commentez les choix de la rédaction des mots de minuit ... desmotsdeminuit.france2.fr/archives/38724245-fr.php - 59k -

Lettre d’un lecteur

mis en ligne le 26 septembre 2008


Le 20/02/2008

Bonjour Chantal.

J’ai beaucoup aimé "Odile et les crocodiles".

J’avais oublié toutes les subtilités narratives.

Mise en abîme de la narration lorsque le jeune intello blond suggère à Odile des passages que tu mets en image.

Et puis c’est presque exhaustif, tout le monde y passe : les violeurs de bonne famille, le psy opportuniste (très fort l’idée de mêler les traits de son visage et ceux des masques), le curé lubrique, l’ancien sous-off macho, le directeur de cabaret égocentrique, le dragueur phallocrate (ce que je trouve génial dans l’album, c’est la scène où les photos érotiques qui tapissent les murs de sa chambre prennent corps - les filles passent de l’univers à deux dimensions des posters à celui à trois dimensions de Odile -, et regardent le "phallocrate" agoniser. En fait c’est Odile, traitée graphiquement comme elles qui, de réaliste, devient iconique et le meurtre, donc, qui de réel devient symbolique. Il n’y a que toi pour concevoir une telle scène, très fort !

Il y a aussi la féministe lesbienne (crocodilisée), il y a aussi le flic compatissant et amoureux...

Jamais manichéen comme toujours.

Y a-t-il des crocodiles partout ? Est-ce Odile qui les voit partout ?

Au début on voit même un homme faible sous la domination de sa grosse épouse et des amies d’Odile prêtes à battre les femmes battues soumises !

Le lecteur a tout pour réfléchir lui-même. C’est une constante dans ton oeuvre : tu n’obliges jamais le lecteur à penser dans un sens, tu ne le diriges pas dans ton sens, tu le laisses libre, c’est plus difficile qu’il n’y paraît.

Tiens, côté thématiques, le centre commercial est traité, comme dans "Shelter", de bunker.

Je redis que les décors urbains sont fascinants, ils nous plongent irrésistiblement dans l’histoire.

Quant aux quelques ajouts informatiques discrets ils sont réussis, ce n’est pas évident non plus (très beaux visages d’Odile sous la neige dans les deux dernières cases de la page 41).

Bon, je t’entends d’ici : "Tu me flattes Bernard !!! " Mais non, c’est gratuit et c’est keske je pense !

Je t’embrasse.

Le lecteur de Carcassone.

Bernard Dato