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Le Procès :

Le Procès

mis en ligne le 22 novembre 2009


La version française de l’album Le Procès, créée par Chantal Montellier et David Zane Mairowitz, est disponible en librairie depuis novembre 2009. Publiée chez Actes Sud, la bande dessinée est une adaptation du grand classique de Franz Kafka. Parue une première fois en anglais sous le titre The Trial, l’oeuvre a été traduite par Béatrice Castoriano.

Bientôt sur ce site quelques planches illustrant le travail de Chantal Montellier et de David Zane Mairowitz.

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Le Procès

mis en ligne le 7 mars 2010


Ci-dessous une critique du Procès, de Chantal Montellier et David Zane Mairowitz (d’après Franz Kafka).

« Les romans de Kafka, c’est la fusion sans faille du rêve et du réel. A la fois le regard le plus lucide posé sur le monde moderne et l’imagination la plus déchaînée » nous dit Milan Kundera.

Il était donc tout naturel que l’adaptation de son « Procès » fût confiée à Chantal Montellier qui, autre révolution esthétique, a su introduire dans la BD la même dynamique narrative du rêve – ou du cauchemar – au sein de récits aussi réalistes dans leur propos que l’accident nucléaire de Tchernobyl, l’épopée sanglante de Florence Rey et Audry Maupin ou ces histoires anciennes et contemporaines de ces sorcières nos sœurs.

Sur la première page, le visage à la figuration très poussée (par de nombreuses valeurs de gris) contient des yeux iconiques (deux cercles noirs parfaits recelant deux petits cercles blancs non moins parfaits), exprimant ainsi au sein de la figure bien réelle de Joseph K. toute la symbolique d’un regard sidéré et révolté par un univers bureaucratique hermétique, totalitaire et écrasant .

Et c’est d’entrée de jeu que Chantal Montellier va imbriquer avec une densité rarement atteinte auparavant le réel, l’imaginaire et le symbolique (avec de surcroit un dessin narratif à savoir un dessin qui contient son propos – ici le choix judicieux d’un style aux hachures qui traduit à merveille l’époque de Kafka et l’univers de Joseph K.).

« Les organismes fabriquent leur monde, lequel en même temps les produit » (une mouche fabrique du solide avec l’eau, un nageur du liquide) nous dit le philosophe Miguel Benasayag.

Le style narratif unique de Chantal montellier semble illustrer cette pensée, qui nous montre un Joseph K. voyant des bougies d’anniversaires émerger des crânes ouverts des deux fonctionnaires venus l’interpeller, qui nous montre Joseph K. remarquer avec inquiétude et terreur des bras iconiques et griffus qui approchent dangereusement son épaule, cependant que le lecteur, lui, voit des squelettes gravir et hanter les planches, ou des décors, des cases et des bulles se hacher et briser leurs lignes sous le craquement inquiétant de la biscotte dévorée par un des fonctionnaires.

En reprenant les mêmes motifs qu’elle transforme au fil des planches en autant de symboles, Chantal Montellier (et Paul Klee approuverait) ne reproduit pas le visible, elle rend visible (point d’orgue ce squelette à la tête d’horloge tenant dans ses mains bougie et couteau, quatre éléments symboliques isolés qui rythment tout le récit et qui viennent là s’imbriquer avec du sens).

Une seule planche (celle où les bourreaux conduisent Joseph K. sur le lieu de son exécution – la carrière de pierres) ne contient aucun élément symbolique mais la seule figuration. La scène en exprime d’autant plus, à un moment du récit qui le demandait, une force réaliste et dramatique rare.
Quelle lucidité artistique, quelle efficacité narrative...

Ainsi, au contraire de toutes ces BD à la narration unidimensionnelle, Chantal Montellier autorise son médium à sécréter - à l’instar du langage - de la pensée symbolique.

BD

Le Procès

mis en ligne le 24 décembre 2009


Dans bdzoom, Gilles Ratier écrit ceci :

- Le Procès, par Chantal Montellier et David Zane Mairowitz [d’après Franz Kafka] Éditions Actes Sud BD (18 Euros).

L’écrivain américain, mais aussi dramaturge, metteur en scène de pièce radiophonique et traducteur, David Zane Mairowitz, avait déjà mis en cases (avec Robert Crumb) la biographie de Franz Kafka - juif issu de la petite bourgeoisie tchèque qui écrivait en allemand- dans le superbe Kafka traduit également chez Actes Sud BD, en 1996 (réédition en 2007). Cette passionnante approche de l’homme et de son œuvre se poursuit aujourd’hui avec l’adaptation de l’un des chefs-d’œuvre de la littérature écrit par cet auteur fondamental du XXème siècle : l’histoire d’un certain Joseph K., arrêté sans savoir pourquoi, un matin, dans son lit.

Publiée l’an passé à Londres, chez Self/Made-Hero, sous le titre The Trial, cet ouvrage kafkaïen par excellence, sorte de cauchemar qui s’enracine dans le banal quotidien, est remarquablement illustré par le trait élégant et souvent un peu froid, mais qui colle ici parfaitement au sujet, de la talentueuse dessinatrice et scénariste de Tchernobyl mon amour ou des Damnés de Nanterre, entre autres ouvrages exceptionnels dus à la trop rare Chantal Montellier. Et quand on sait que cette irréductible féministe est l’un des rares auteurs de bande dessinée à affirmer ses opinions politiques et à militer pour la cause des victimes d’un monde déshumanisé, il n’y a rien d’étonnant à ce que l’on ressente son engagement dans ce projet à la simple lecture de ces pages dont on ne ressort pas indemne !