Quelques photos d’Eva Almassy prises lors de la remise du prix Artémisia (en attendant le film de Line Scheibling).

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Remise du prix Artemisia

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Invitation

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Artémisia a le plaisir de vous faire connaître son jury et ses marraine-parrain, pour le prix 2016. Uniquement des gens magnifiques qui ont accepté
généreusement de consacrer un peu de leur précieux temps à la production BD féminine qui, cette année, au contraire de l’année dernière, s’avère des plus riche et variée.

CM

Eva Almassy, écrivain, participe depuis 2006 à l’émission crée par Bertrand Jérôme, Des Papous dans la tête émission créée par Bertrand Jérôme et animée par Françoise Treussard sur France Culture.
Les Papous c’est une forme originale et littéraire, une provocation ludique à l’imaginaire par jeu des mots et du langage, un jeu pour le plaisir.

Odile Conseil, journaliste, a été rédactrice en chef à Courrier International et a animé Les Crayons de Courrier sur Arte – ou comment les dessinateurs du monde entier croquent l’actualité. Elle monte aujourd’hui un festival de film de mer au Havre, Ciné Salé, et participe également aux “Papous” aux côtés de Gérard Mordillat, Jean-Bernard Pouy, Eva….

Jean-Christophe Deveney, scénariste de bande dessinée dont il enseigne les rudiments à l’école d’Art Bellecour de Lyon. Il supervise l’album et l’exposition Héro(ïne)s : H/F dans la BD (réflexion sur la répartition des rôles sexués et des systèmes de représentation dans le 9e art).

Karim Miské, homme d’images car réalisateur, et de mots car romancier ; son polar « Arab jazz » a eu le Grand prix de littérature policière. Il anime aussi le club de lecture du Pitch Me, un sympathique “restaurant international”.

Chantal Montellier, bédéaste, fondatrice du Prix Artémisia. Auteure de dessins de presse (cf : l’album Sous Pression) ; de dystopies comme Shelter ou 1996 ; de contre enquêtes comme Tchernobyl mon amour ou Les Damnés de Nanterre, d’albums féministes comme Odile et les crocodiles ou la série Julie Bristol. Plus récemment un récit autobiographique intitulé La Reconstitution a été publié chez Actes Sud. (Connue aussi pour son excellent caractère.)

Catel Muller, bédéaste pour adulte et jeunesse ; illustratrice ; auteure d’une biographie très remarquée de Benoite Groult, Ainsi soit Benoite Groult, (prix Artémisia 2014). En collaborations avec le scénariste José-Louis Bocquet : Kiki de Montparnasse et Olympe de Gouges, albums primés et traduits dans une quinzaine de pays

Olivier Place, directeur des librairies Flammarion

Silvia Radelli, plasticienne, romancière (Bénédicte Vincens, disparue ou Etoile Cannibale). Avec son Metroféminin elle revisite et expose le plan du métro parisien en remplaçant 100 noms de stations par ceux de femmes qui ont marqué l’histoire. d’Hannah Arrendt à Amelia Earhart en passant par Simone de Beauvoir et Camille Claudel. Métroféminin rend hommage, à travers quatorze lignes de métro et leurs stations rebaptisées, aux femmes aimées, admirées, porteuses de vie magnifiques. Livre en cours d’élaboration avec Chantal Montellier.

Donatella Saulnier, écrivain, critique littéraire (Libé, Politique Hebdo, Vendredi...), médiatrice culturelle, ancienne responsable à la Maison des écrivains. Donatella est aussi traductrice, notamment de bédéastes italiens comme Hugo Pratt ou Giardino. Elle a collaboré à la revue (A SUIVRE…)

Rachel Viné-Krupa, Auteure d’une thèse sur Frida Kahlo, spécialiste de l’art mural mexicain, Rachel est l’auteure de Un Ruban autour d’une bombe-Une biographie textile de Frida Kahlo, en compagnie de la dessinatrice Maud Guély.
Elle a traduit récemment l’album d’Angel de la Calle sur Tina Modotti, photographe et militante révolutionnaire.

Marraine et parrain :

Rappelons que la marraine du Prix Artemisia est Mylène Demongeot, que l’on ne présente plus.
Mylène a publié le 6 mai 2015 son livre « Mes Monstres Sacrés » portraits où se croisent Michel Audiard, Jean Yanne, Pierre Desproges et beaucoup d’autres. Une adaptation BD intitulé Adieu Kharkov de son roman autobiographique Les lilas de Kharkov, va paraître dans Aire Libre en août 2015.

Le parrain est Gilles Ratier, écrivain, journaliste, rédacteur en chef de bdzoom.com auteur du rapport annuel sur la situation économique et éditoriale de la bande dessinée (rapport repris dans l’ensemble des médias) ; il est aussi secrétaire général de l’association des critiques de bandes dessinées (ACBD)

Accompagnatrice et témoin, Sigrid Gérardin, militante féministe, syndicaliste, secrétaire générale du SNUEP-FSU secteur éducation (dans le collimateur des nazillons, bon courage Sigrid !)

Artemisia 2015/2016

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Le temps est venu de renouveler le jury et toujours au service des dessinatrices, des bédéastes, de leur talent et de leur imaginaires ; n’est-ce pas Laureline, Catel, Anne ?

Pour intégrer le jury d’Artémisia, il n’est pas nécessaire d’être critique ou historien(ne) d’art, le plus important étant le CONTENU des albums, les valeurs qui s’en dégagent. Celles défendues par Artémisia sont du côté de la promotion d’idéaux progressistes et d’égalité, de la critique de l’ordre social existant, répressif et machiste. Nous voulons plus de justice, de vérité, de beauté, de vraie liberté d’expression pour toutes et tous et non pas être bourgeois comme des bourgeois, bobeaufs comme des bobeaufs.

Nous nous sentons solidaires de la démarche et des mots d’ordre affichés par des organisations comme, par exemple, La Barbe, un groupe d’action féministe fondé en 2008. Notre but est également de rappeler, avec insistance, que les femmes doivent pouvoir imaginer, inventer, créer, exprimer, représenter, et avoir droit elles aussi à la reconnaissance même au festival d’Angoulême.

Le nouveau jury (mixte) devrait pouvoir se réunir prochainement et discuter de la préparation du prix Artémisia 2016. D’ores et déjà nous avons repéré le magnifique Fatherland de Nina Bunjevac aux éditions Ici même que dirige Bérangère Orieux.

Paris le 9 avril 2015
Le bureau d’Artémisia
Chantal Montellier
Valérie de Saint Do
Gérard Streiff

En avant pour 2016 !

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Réalisé par Line Scheibling, sur une musique de Mano Solo, le film souvenir de la remise du prix Artemisia 2015 à la Librairie La Hune, à Barbara Yelin pour son livre Irmina.

Prix Artémisia 2015 - le film !

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Artemisia avec Charlie

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8 mars 9 dessinatrices

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Le 25 janvier dernier, l’émission de France 2 "Grand Public" consacrait un sujet à la bande dessinée sous le titre BD : les femmes se rebiffent avec une séquence sur la remise du prix ARTEMISIA à Catel pour son livre Ainsi soit Benoite Groult.

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Sur France 2. BD : les femmes se rebiffent

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La remise du prix Artemisia

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La remise du prix artémisia 2013 en video

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Depuis la remise du prix artémisia à Jeanne Puchol, sur certains sites (BDSphère, bodoi...) les accusations de connivence vont bon train cherchant à décridibiliser ce prix 2013. Voici la réponse de Chantal Montellier, présidente de l’association.

On accuse le jury d’Artémisia, on m’accuse moi même de “connivence” , de “copinage”, de trahison de l’éthique, de la charte Artémisia. Jeanne Puchol à laquelle le prix fut attribué pour “Charonne Bou-Kadir” aurait été favorisée car co fondatrice du prix... Sachez que, également cofondatrice d’Artémisia, je suis profondément fâchée avec Jeanne Puchol depuis plusieurs années. La rupture au sein du groupe s’est très mal passée. Le conflit est grave, pas réglé. La fracture ouverte. Le jury actuel n’a plus rien à voir avec le premier, aucun des membres actuels, à une seule exception, n’est ami avec Jeanne Puchol. J’ai tout de même voté POUR son album car à mes yeux c’était tout simplement le meilleur : le mieux dessiné, le plus professionnel, le plus engagé, courageux, intelligent. Je peux développer, mais ça prendrait du temps et de l’espace. Je suis, nous sommes un jury HONNETE, transparent. Nous ne sommes pas des magouilleurs. Si le travail de Jeanne Puchol a été reconnu c’est pour de VRAIES raisons. Nous avons pris le risque de nous retrouver sous le feu des critiques auxquelles, bien sûr, nous nous attendions, parce que nous ne voulions pas disqualifier un travail qui nous semblait le meilleur par peur de ces critiques. C’eut été un peu lâche. Nous assumons. J’assume. Bien à vous. Chantal Montellier (pas vraiment une reine de la magouille, je crois). PS : Michel-Edourd Leclerc n’est plus notre “mécène” depuis belle lurette. Il ne le fut que très brièvement.

Réponse de Chantal Montellier au sujet du prix artémisia 2013

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Le prix Artémisia 2012, qui promeut chaque année une bande dessinée entièrement créée par une femme, sera décerné dans quelques jours, le 9 janvier.

Suite à l’annonce de la sélection des albums pour le prix 2012, un débat intéressant a été animé sur le site ActuaBD : est-il discriminant de créer un prix qui récompense uniquement des bandes dessinées faites par des femmes ? ou au contraire, est-ce un moyen, dans un contexte éditorial complexe, de valoriser des oeuvres qui auraient pu rester inaperçues, et des auteures qui restent minoritaires dans le monde de la bande dessinée ?

Voici quelques lignes du débat qui a eu lieu sur le site ActuaBD :

16 décembre 14:31, par Toon :

Bizarre comme critère de sélection être une femme ou pas, car être une femme n’est pas une qualité en soi, c’est très discriminant comme prix je trouve.

Répondu par Gill le 16 décembre à 15:29 :

Il y a le premier niveau de réflexion, plutôt simpliste et évident : "tiens ? les discriminées discriminent ?"

Et puis le deuxième niveau (qu’atteignent parfois ceux qui différencient "bande dessinée" et "manga" ou "comics", etc...) : "pour combattre la discrimination et le dénigrement, il faut parfois se regrouper et se valoriser soi-même".

Il y a aussi le premier niveau, très à cheval sur les principes : "jamais de discrimination, ni pour nous, ni contre nous !"

Et puis il y a le deuxième niveau : "vivons-nous vraiment et vivrons-nous jamais un jour dans un monde idéal où les différences et les hiérarchisations n’existeront plus ?" (...se disait la femme noire américaine pauvre... qui se marie quasi-systématiquement avec un noir).

Répondu par jony. le 17 décembre à 11:49 :

ok... alors à quand le prix de la BD des noirs de banlieues, des blancs catho pauvres de campagne, des juifs prolétaires du nord de la france, à quand un prix pour la meilleur bd dont les auteurs sont des fils de camionneurs, etc etc...il y en a tant d’autre !!

Que la femme soit victime de ségrégation, discrimination, salaire, etc...évidement,mais dans le champ particulier de la culture et de la bourgeoisie, là, c’est peut être moins certains...Voilà pourquoi cette initiative me dérange.

Elle n’est en rien universalisante pour les femmes, juste une opé commerciale, petite bourgeoise.

Répondu par Gill le 18 décembre à 20:02 :

Vous avez raison, allons plus loin et nions systématiquement toute forme de catégorisation : supprimons les collections, les genres, la diversité des sélections dans un même Prix, n’organisons qu’un seul Prix global pour la BD dans son ensemble... puisqu’il ne faut jamais jamais jamais différencier qui que ce soit ou quelque groupe que ce soit.

Nions surtout que les hommes ont monopolisé la bande dessinée jusqu’à notre époque (pour des raisons historiques), et ne voyons rien d’intéressant à cette parité qui remonte progressivement, le sexe d’un auteur formant une originalité qui pourrait attirer certains lecteurs femmes ou hommes, qui sait ? Et qui pourrait être mise en avant, justement pour cela.

"Bourgeoises" ? C’est à mourir de rire ! Le bourgeois que vous devez être lancerait lui-même des "opés commerciales" de cette sorte s’il en était rendu au niveau de subsistance moyen d’une artiste. Il n’y a qu’un salarié privilégié pour ne pas comprendre ce que représente la promotion dans un monde artistique libéral. Fut-ce par des Prix.

Le prix Artémisia 2012

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Le dossier de presse de l’association Artémisia

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La nouvelle sélection de l’association Artémisia

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Catherine Beaunez nous donne un aperçu "sur le vif" de la soirée organisée à la Hune pour la remise du prix Artémisia 2011.

Croquis faits sur le vif lors de la remise du prix Artémisia 2011

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CADAVRES EXQUIS de Pénélope Bagieu . Gallimard Bayou

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Zoé s’ennuie. Travail sans intérêt, compagnon désespérant. Elle serait
sans doute morte d’écoeurement si le hasard ne lui avait fait
rencontrer un étrange écrivain à succès en panne d’inspiration.
Histoire bien menée, drôle, bourrée de surprises...

COU TORDU de Caroline Sury . L’Association

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Quoi de plus banal, apparemment, qu’un torticolis ? C’est pourtant
ce “cou tordu” qui va mener la narratrice, dessinatrice marseillaise
survoltée, d’acupuncteur en ostéopathe, dans l’exploration de ses
tensions intérieures. Une mise en abyme foisonnante des tourments
de la création, qui prend pour toile de fond le Marseille
déjanté des artistes, servie par un dessin tout aussi déjanté et luxuriant.

DRÔLES DE FEMMES de Catherine Meurisse & Julie Birmant
. Dargaud

Elles ont choisi de faire rire... À moins que le rire ne se soit imposé
à elle, et que leur triomphe sur scène, à l’écran, ou dans leurs livres
soit leur ultime arme de défense ? Sylvie Joly, Yolande Moreau,
Anémone, Amélie Nothomb et autres “drôles de femmes” se
laissent croquer à leur tour et se dévoilent, avec délicatesse et panache.

ROSE D’ELISABETHVILLE de Séraphine et Tilde Barboni . Dupuis

Rose a grandi au Katanga. En 1960, elle est infirmière et soigne à
Bruvelles les nombreux rapatriés de la décolonisation du Congo
Belge. Avec son mari, journaliste anticolonialiste, elle va se trouver
au coeur d’un sombre imbroglio mêlant affairisme et politique. Un
récit d’aventure efficacement troussé, une course au trésor sur
fond de bouleversements politico-historiques rarement abordés en BD.

FRANCES 2 de Johanna Hellgren . Cambourakis

Joanna Hellgren fait de chaque case un tableau où se déploie un
subtil nuancier de gris, de noirs et de blancs. Elle crayonne, avec
une extrême sensibilité, des visages et des paysages presque au
bord de l’effacement. Mais elle les retient du bout délicat de son
crayon et ses fragiles figures se mettent à vivre, à palpiter comme
aucune autre.

INTÉRIEUR de Gabriella Giandelli . Actes Sud BD

Dans l’anonymat d’une cité HLM style “clapiers maudits”, un lapin
blanc comme les peluches de nos enfances nous fait gambader
d’une case à l’autre. Relié au monde souterrain, ce lapin lunaire
est au service du “Grand Sombre”, matrice des songes nocturnes
des habitants, sorte d’inconscient collectif sur lequel tout repose.
Le lièvre de Gabriella s’est levé... Peut-il soulever et ressusciter
les morts ?

LES ENFANTS DE L’ENVIE de Gabrielle Piquet . Casterman, Écritures

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Basile vit encore avec sa mère. Employé de mairie, il partage son
temps libre entre la peinture, la recherche d’une compagne et la
méditation sur ses origines. Le père qu’il n’a jamais connu serait un
Américain dont il ne reste que le prénom, Henry, autrefois soldat à
la base militaire U.S. de Laon . Une soirée de vétérans est prévue,
où sont invités tous les anciens de la base. Henry viendra-t-il ? Un récit à la
fois riche et poétique soutenu par un trait fin d’une grande délicatesse.

L’ESPION DE STALINE de Isabel Kreitz . Casterman, Écritures

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Richard Sorge, journaliste allemand en poste à Tokyo et espion
soviétique, infiltre l’ambassade nazie au Japon. Il y apprend les secrets
du Reich, notamment l’invasion de l’URSS en juin 1941. Mais
Staline refusera de l’entendre... Isabelle Kreitz retrace le dernier
été de cet intellectuel rouge antistalinien dans un album-documentaire
tout au crayon qui nous plonge dans le Tokyo de la Seconde Guerre
mondiale.

L’HOMME DE MES RÊVES de Nadja . Cornélius

Kate rêve sa vie et vit ses rêves. Pour échapper aux griffes d’un
macho cynique, elle gagne la forêt, lieu symbolique où se tranche la
question du choix entre l’amour et l’art. Soutenu par une gouache
organique où court un trait rouge comme un fil d’Ariane, ce faux
polar, sensuel et onirique, ne révèle pas tous ses secrets.
Le livre se referme, mais le rêve demeure.

PEINDRE SUR LE RIVAGE de Anneli Furmark . Actes Sud - L’An 2

Hélène revit ses années d’étudiante en feuilletant son journal intime.
Elle a quitté Stockholm pour l’école d’art d’une petite ville
du Nord, au bord de la mer. Là, elle tente de découvrir son identité
d’artiste et de femme, au travers de rencontres féminines et
masculines, exaltantes ou décevantes... et finit par apprivoiser un
environnement ressenti d’abord comme hostile. Au point de s’ancrer sur
le rivage.

ROSE D’ELISABETHVILLE de Séraphine et Tilde Barboni . Dupuis

Rose a grandi au Katanga. En 1960, elle est infirmière et soigne à
Bruvelles les nombreux rapatriés de la décolonisation du Congo
Belge. Avec son mari, journaliste anticolonialiste, elle va se trouver
au coeur d’un sombre imbroglio mêlant affairisme et politique. Un
récit d’aventure efficacement troussé, une course au trésor sur
fond de bouleversements politico-historiques rarement abordés en BD.

TROP N’EST PAS ASSEZ d’Ulli Lust . Cà & Là

Dignes filles du Punk, Elli et Edi n’ont pas froid aux yeux et n’hésitent
pas à partir à l’aventure en Italie, sans papiers ni argent.
Au cours de leur périple, dans la dèche de Vienne à Palerme, elles
subiront de plein fouet le machisme sicilien et connaîtront les
affres parfois sordides des routardes qui voyagent en mauvaise
compagnie. Un road movie initiatique et sensible, un récit très dense qui ne
vous lâche plus.

La sélection Artémisia 2011

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LE PRIX ARTÉMISIA, POURQUOI ?

Parce que la création BD au féminin nous semble peu connue et reconnue, peu valorisée et éclairée, quelques arbres surexposés cachant la forêt des talents laissés dans l’ombre ou à l’abandon.

Parce qu’un regard féminin sur la production BD nous paraît essentiel.

Parce que se donner le pouvoir de reconnaître et non pas seulement de produire est un enjeu et un symbole des plus importants pour les femmes qui participent à cette aventure.

Parce que la BD destinée à tous et largement diffusée, reste un média dominé par l’imaginaire masculin, qui véhicule des stéréotypes écrasants.

Parce que les jurys, notamment pour les présélections (cf. Angoulême), sont généralement composés des seuls représentants du sexe dit fort.

Parce qu’il n’y a pas de raison pour que seuls la littérature avec son prix Fémina, et le cinéma avec son festival de Créteil, aient droit à des espaces de légitimation et de reconnaissance au féminin.

C’est pour toutes ces raisons (et quelques déraisons) que nous avons créé un prix qui distinguera un album scénarisé et/ou dessiné par une ou plusieurs femmes. Il sera décerné chaque année le 9 janvier.

Pourquoi Artémisia ? Le personnage et le destin de la grande artiste italienne du XVIIe siècle, Artémisia Gentileschi, symbolisent à eux seuls ceux de la femme artiste (plasticienne) dans nos sociétés patriarcales, par-delà les temps et les régimes. Il nous a semblé utile et juste de rattacher ce prix qui honore l’image narrative féminine, à l’histoire plus large, plus riche et plus explorée de la création graphique au féminin. Ceci afin de ne pas risquer de nous retrouver enfermées nous-mêmes dans nos propres phylactères.

Lien vers le blog de l’association : http://associationartemisia.blogspot.com/

Le jury de l’association Artémisia 2011

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Le prix Artémisia de la bande dessinée féminine a été remis mardi 12 janvier à Laureline Mattiussi pour son œuvre L’île au Poulailler.

Voici quelques photographies de l’évènement suivies d’une interview de Chantal Montellier, créatrice de l’association, parue dans L’Humanité le 15 janvier.


La remise du chèque de récompense de l’association Artémisia à Laureline Mattiussi, par le mécène Michel-Edouard Leclerc.


Chantal Montellier fait le clown


La lauréate, Laureline Mattiussi


La lauréate, Laureline Mattiussi


CULTURE

Les dessinatrices à l’abordage du prix Artémisia

Pour sa troisième année, le prix Artémisia, qui récompense une jeune dessinatrice, a été décerné à Laureline Mattiussi. À cette occasion, la présidente du jury, Chantal Montellier revient sur la BD au féminin.

Fondatrice et présidente du jury Artémisia qui récompense une dessinatrice, Chantal Montellier est une des pionnières du genre  : dessinatrice, auteure, elle conjugue ses activités créatrices au féminin. Proclamé le 9 janvier, il coïncide avec l’anniversaire de la naissance de Simone de Beauvoir.

Lorsqu’on évalue à 10 % le nombre de femmes dans la BD, il reste encore du chemin à parcourir. Pourquoi un prix féminin de la BD  ?

Chantal Montellier :

Parce que la bande dessinée, destinée à tous et très largement diffusée, reste un média dominé par l’imaginaire masculin, qui véhicule des stéréotypes souvent écrasants. Par ailleurs les jurys (surtout les pré-jurys) étant généralement composés des seuls représentants du sexe dit fort, un regard féminin sur la production de bande dessinée nous paraît nécessaire.

Le pouvoir de reconnaître, et non pas seulement de produire, est un enjeu et un symbole des plus importants pour les femmes qui participent à cette aventure. Il était temps que la bande dessinée ait un prix féminin comme la littérature et le cinéma. Ce prix existe aussi grâce à la générosité de Michel-Edouard Leclerc, un mécène passionné et en relation avec de nombreux auteurs.

Quand j’ai démarré dans ce métier, l’un de mes éditeurs (de chez Casterman), me répétait avec insistance que « la BD de femmes ça ne se vendra jamais  ! » alors même que les scores de mes albums étaient tout à fait honorables. Il éliminait quasi systématiquement les projets présentés par des dessinatrices, même des très grandes comme Nicole Claveloux. Ce responsable éditorial n’était hélas pas le seul à réagir ainsi et je crois que beaucoup de talents féminins sont passés à la trappe. Ceci étant, les choses ont tout de même un peu changé côté BD, même si les choix que font les éditeurs peuvent parfois questionner.

En quoi pensez-vous qu’il est nécessaire de faire entendre ces voies/voix de femme  ?

Chantal Montellier :

Certaines auteures consacrées – de préférence politiquement correctes et appartenant aux classes sociales les mieux nanties – servent de prétexte pour « représenter » la bande dessinée féminine, comme Claire Brétécher, malgré elle. J’ai le sentiment que cette ségrégation sociale se fait encore plus sentir quand il s’agit de production artistique au féminin, mais je schématise et durcis peut-être un peu les choses.
« Dans une société bourgeoise, l’art et l’artiste se doivent d’être bourgeois », disait –en substance- Pierre Francastel dans son livre “peinture et société”...

Je suis pour une société vraiment mixte et cette mixité passe aussi par les imaginaires et les systèmes de représentations, par les images. Rien ne bougera vraiment si le « ça » de l’inconscient collectif ne bouge pas. Ce n’est pas qu’une affaire de politique. Ou alors de politique de l’imaginaire et du symbolique. Ça ne passera pas par la classe politique telle qu’elle est constituée aujourd’hui, en France ou ailleurs. Certaines idées et pratiques sont vraiment de gauche, mais les images, elles, sont presque toutes de droite, du moins relativement à la problématique qui nous intéresse ici. Bref, je pense sincèrement que l’imaginaire des femmes, côté images, fait encore peur aux différents pouvoirs et qu’il est toujours sous séquestre.

Comment définiriez-vous votre engagement aujourd’hui ?

Chantal Montellier :

Mon engagement, si c’en est un, mais je dirais plutôt mon combat, est de rouvrir les perspectives, d’élargir les cadres, de redessiner des lignes d’horizon, dans un contexte ou ce n’est guère facile. Les hommes s’admirent volontiers et se gratifient entre eux (et hélas, les femmes ont tendance à les suivre).

Il y a plus, depuis quelques années, de publication d’images BD au féminin mais la majorité raconte trop souvent la même chose : laquelle a le plus joli nombril, quelles fringues mettre pour être Chébran et « hyper cool »  ? Notre lauréate et son personnage sont des femmes libres, audacieuses et qui naviguent vers de vastes horizons. Elle a immédiatement fait consensus dans le jury.

Entretien réalisé par Lucie Servin

Pour le journal l’Humanité.

La remise du Prix Artémisia 2010

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Invitation à la remise du prix Artémisia

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Le prix Artémisia de la bande dessinée féminine a été remis mardi 12 janvier à Laureline Mattiussi pour son œuvre L’île au Poulailler.

Voici quelques photographies de l’évènement suivies d’une interview de Chantal Montellier, créatrice de l’association, parue dans L’Humanité le 15 janvier.


La remise du chèque de récompense de l’association Artémisia à Laureline Mattiussi, par le mécène Michel-Edouard Leclerc.


Chantal Montellier fait le clown


La lauréate, Laureline Mattiussi


La lauréate, Laureline Mattiussi


CULTURE

Les dessinatrices à l’abordage du prix Artémisia

Pour sa troisième année, le prix Artémisia, qui récompense une jeune dessinatrice, a été décerné à Laureline Mattiussi. À cette occasion, la présidente du jury, Chantal Montellier revient sur la BD au féminin.

Fondatrice et présidente du jury Artémisia qui récompense une dessinatrice, Chantal Montellier est une des pionnières du genre  : dessinatrice, auteure, elle conjugue ses activités créatrices au féminin. Proclamé le 9 janvier, il coïncide avec l’anniversaire de la naissance de Simone de Beauvoir.

Lorsqu’on évalue à 10 % le nombre de femmes dans la BD, il reste encore du chemin à parcourir. Pourquoi un prix féminin de la BD  ?

Chantal Montellier :

Parce que la bande dessinée, destinée à tous et très largement diffusée, reste un média dominé par l’imaginaire masculin, qui véhicule des stéréotypes souvent écrasants. Par ailleurs les jurys (surtout les pré-jurys) étant généralement composés des seuls représentants du sexe dit fort, un regard féminin sur la production de bande dessinée nous paraît nécessaire.

Le pouvoir de reconnaître, et non pas seulement de produire, est un enjeu et un symbole des plus importants pour les femmes qui participent à cette aventure. Il était temps que la bande dessinée ait un prix féminin comme la littérature et le cinéma. Ce prix existe aussi grâce à la générosité de Michel-Edouard Leclerc, un mécène passionné et en relation avec de nombreux auteurs.

Quand j’ai démarré dans ce métier, l’un de mes éditeurs (de chez Casterman), me répétait avec insistance que « la BD de femmes ça ne se vendra jamais  ! » alors même que les scores de mes albums étaient tout à fait honorables. Il éliminait quasi systématiquement les projets présentés par des dessinatrices, même des très grandes comme Nicole Claveloux. Ce responsable éditorial n’était hélas pas le seul à réagir ainsi et je crois que beaucoup de talents féminins sont passés à la trappe. Ceci étant, les choses ont tout de même un peu changé côté BD, même si les choix que font les éditeurs peuvent parfois questionner.

En quoi pensez-vous qu’il est nécessaire de faire entendre ces voies/voix de femme  ?

Chantal Montellier :

Certaines auteures consacrées – de préférence politiquement correctes et appartenant aux classes sociales les mieux nanties – servent de prétexte pour « représenter » la bande dessinée féminine, comme Claire Brétécher, malgré elle. J’ai le sentiment que cette ségrégation sociale se fait encore plus sentir quand il s’agit de production artistique au féminin, mais je schématise et durcis peut-être un peu les choses.
« Dans une société bourgeoise, l’art et l’artiste se doivent d’être bourgeois », disait –en substance- Pierre Francastel dans son livre “peinture et société”...

Je suis pour une société vraiment mixte et cette mixité passe aussi par les imaginaires et les systèmes de représentations, par les images. Rien ne bougera vraiment si le « ça » de l’inconscient collectif ne bouge pas. Ce n’est pas qu’une affaire de politique. Ou alors de politique de l’imaginaire et du symbolique. Ça ne passera pas par la classe politique telle qu’elle est constituée aujourd’hui, en France ou ailleurs. Certaines idées et pratiques sont vraiment de gauche, mais les images, elles, sont presque toutes de droite, du moins relativement à la problématique qui nous intéresse ici. Bref, je pense sincèrement que l’imaginaire des femmes, côté images, fait encore peur aux différents pouvoirs et qu’il est toujours sous séquestre.

Comment définiriez-vous votre engagement aujourd’hui ?

Chantal Montellier :

Mon engagement, si c’en est un, mais je dirais plutôt mon combat, est de rouvrir les perspectives, d’élargir les cadres, de redessiner des lignes d’horizon, dans un contexte ou ce n’est guère facile. Les hommes s’admirent volontiers et se gratifient entre eux (et hélas, les femmes ont tendance à les suivre).

Il y a plus, depuis quelques années, de publication d’images BD au féminin mais la majorité raconte trop souvent la même chose : laquelle a le plus joli nombril, quelles fringues mettre pour être Chébran et « hyper cool »  ? Notre lauréate et son personnage sont des femmes libres, audacieuses et qui naviguent vers de vastes horizons. Elle a immédiatement fait consensus dans le jury.

Entretien réalisé par Lucie Servin

Pour le journal l’Humanité.

La remise du Prix Artémisia 2010

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A l’occasion du déjeuner de presse du 10 décembre 2009 de l’association Artémisia, Thierry Lemaire publie un article dans Actua BD qui donne la parole à l’association et à sa créatrice, Chantal Montellier.

Le monde encore très majoritairement masculin de la bande dessinée voit depuis quelques années les femmes prendre une place grandissante. Le Prix Artémisia, créé en 2007 à l’initiative de Chantal Montellier, participe à cette évolution en récompensant chaque année une auteure de BD. La semaine dernière, les jurés ont dévoilé les sélectionnées en lice pour l’édition 2010.

Après Johanna Schipper pour Nos âmes sauvages et Tanxxx & Lisa Mandel pour Esthétique et Filatures, les jurés du prix Artémisia ont levé le voile sur les nominées de l’édition 2010.

Une sélection où Delcourt et Futuropolis se taillent la part du lion. Des têtes d’affiche comme Claire Bretécher, Camille Jourdy (déjà récompensée cette année par le prix RTL), Aude Picault, Chloé Cruchaudet, Aurelia Aurita, et des dessinatrices moins connues composent une liste plus étoffée que les précédentes années.

Rendez-vous le 9 janvier, jour anniversaire de la naissance de Simone de Beauvoir, pour la révélation de la lauréate.

La liste complète :

* L’île au poulailler de Laureline Mattiussi (Treize Etrange)

* Transat de Aude Picault (Delcourt)

* La ballade de Hambone de Leila Marzocchi et Igort (Futuropolis)

* La jeune fille et le nègre 2 de Judith Vanistendael (Actes sud)

* Agrippine de Claire Bretécher (Dargaud)

* Ida de Chloé Cruchaudet (Delcourt)

* Tout peut arriver d’Anna Sommer (Buchet-Chastel)

* Rosalie Blum de Camille Jourdy (Actes Sud)

* A l’ombre des murs de Arnaud Le Roux et Marion Laurent (Futuropolis)

* Moi vivant, vous n’aurez jamais de pause... de Leslie Plée (Gawsewitch éditeur)

* Buzz-moi de Aurélia Aurita (Les Impressions nouvelles)

* Amato de Aude Samama et Denis Lapière (Futuropolis)

* Vacance de Cati Baur (Delcourt)

Cette manifestation nous a permis également de converser avec Chantal Montellier, partagée entre son agacement sur l’évolution de la BD féminine actuelle et son envie de relancer, 30 ans après, le journal de ses rêves :

Pour vous, quelle serait l’ambition de ce Prix Artemisia ?

Un regard de femmes sur la production BD. Se donner les moyens de voir ce qui se passe, d’en parler, d’en juger. Et aussi de valoriser et éclairer certains albums faits par des femmes. Pour ce qui me concerne, j’ai démarré dans le dessin narratif vers 1973 et j’ai pu constater que souvent les jurys étaient et sont toujours constitués essentiellement de représentants du sexe masculin qui se cooptent. Notamment les pré-jurys. Avec ce Prix, on veut à la fois sortir de cette logique et se donner à soi-même la reconnaissance qu’on nous refuse. Je crois que ça rencontre pas mal de sympathie.

En présentant la sélection, vous avez parlé d’un recul par rapport aux années du féminisme. Pouvez-vous nous en dire plus ?

J’ai constaté, depuis la création du Prix Artemisia, à travers les albums que les éditeurs nous envoient et ceux que nous nous procurons nous mêmes, qu’il y a beaucoup d’histoires à la première personne, ceci de manière quasi exclusive. « Moi je, moi je, moi je ». Je pense que cette présence du « moi je » a été moins forte à certaines autres époques. Le « moi je » est important, sinon il ne se passe rien, mais qu’il y ait une espèce de resserrement là-dessus n’est pas nécessairement très bon signe il me semble.
Dans les journaux que j’ai connus et pour lesquels j’ai produit à une certaine époque, comme le défunt Ah ! Nana [1] , je me souviens, par exemple, des récits de Nicole Claveloux qui revisitaient les contes de fée sur un mode ironique, grinçant et ludique à la fois. Trina Robbins, une Américaine, racontait les aventures d’une ouvrière d’usine. Personnellement j’allais “gratter” du côté des bavures policières...
Le monde qui nous entoure, la société, les luttes de sexe et de classe, tout ça me semble passer un peu au second plan au profit, par exemple, des rapports mère-fille ou du cercle familial... C’est un peu comme si un esprit malin avait repoussé les femmes vers l’intime. Pourquoi pas, si l’intime reste un peu inquiet de ce qui se passe autour. Je crois que c’est important de confronter l’intime au monde. Pour moi, c’est incontournable pour développer un propos intéressant.

L’intime a vite fait de tomber dans le nombrilisme.

Voilà. Les imaginaires, notamment ceux des femmes, me paraissent trop limités par cette espèce de « ceinture de contrition » qu’est l’intime. Je crois que c’est un miroir très réducteur, même si l’intime peut parfois ouvrir sur des choses passionnantes. À dire vrai, j’ai l’impression qu’une majorité des auteures publiées ont un peu le nez dans leurs chaussures. En se demandant « quelles chaussures mettre ? », plutôt que « quelle ville on va voir et dans quelle ville on va marcher avec ces chaussures ? ».

Et par rapport à il y a 30 ans ?

Il me semble que le niveau de conscience n’était pas tout à fait le même. On problématisait peut–être un peu plus les choses. On avait un regard plus politisé, osons le mot. On mêlait peut-être plus l’intime au politique. Politique au sens large.

Finalement, est-ce que ce prix ne peut pas devenir une sorte d’observatoire de la BD féminine ?

C’est un des buts. La bande dessinée féminine est peu commentée en tant que telle, peu analysée bien qu’elle soit à la fois un miroir de la société actuelle et un... symptôme. Il y a tout de même quelques travaux de recherche, de réflexion... des choses qui s’écrivent. Dernièrement une étudiante toulousaine, Florie Boy, m’a sollicitée pour son master « Cultures de l’écrit et de l’image » ; elle y compare l’itinéraire de trois auteures de bandes dessinées, Claire Bretécher, Marjane Satrapi et moi-même. Je viens de lire son texte, c’est très intéressant et elle m’a appris pas mal de choses. Mais ce genre de démarche est hélas trop rare. Si on crée un groupe de réflexion, un “observatoire” comme vous dites, ce sont des choses dont on peut s’emparer, mettre en discussion.

Et vous n’avez pas le projet de créer une revue pour porter cette réflexion ?

Mon rêve serait de donner une autre chance à ce journal pour lequel je me suis battue : Ah ! Nana. Sous une autre forme. Peut-être une forme mixte avec un espace de création et un espace de réflexion. Je suis persuadée qu’il y a quelque chose à repenser et à recréer. Mais l’époque est difficile et les moyens manquent.


[1] Revue publiée entre 1976 et 1978 par les Humanoïdes Associés, réalisée par des femmes, pour un public féminin. Après neuf numéros sur des thèmes comme « la mode démodée », « l’homme », « le sexe et les petites filles » ou « l’inceste », la revue est censurée pour pornographie et doit s’arrêter.

(par Thierry Lemaire)

13 femmes en lice pour le Prix Artémisia

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De gauche à droite : Martine Huet, Thierry Groensteen, Chantal Montellier, Lili Sztajn, Valérie de Saint-Do, Yves Frémion, Carole Schilling, Miles Hyman.

Actua BD, magazine d’actualité de la bande dessinée, publie cette semaine un article consacré à l’association Artémisia. A l’occasion du déjeuner de presse organisé par l’association pour présenter sa sélection 2010, Thierry Lemaire interroge Chantal Montellier.

Pour découvrir l’article sur le site Actua BD, cliquez ICI. Le texte est également en ligne sur le site de Chantal Montellier à la rubrique "Association Artémisia".

13 femmes en lice pour le Prix Artémisia

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De gauche à droite : Martine Huet, Thierry Groensteen, Chantal Montellier, Lili Sztajn, Valérie de Saint-Do, Yves Frémion, Carole Schilling, Miles Hyman.

En ouverture du déjeuner de presse qui s’est tenu le 10 décembre en présence du jury d’Artémisia, la créatrice de l’association "pour la promotion de la bande dessinée féminine", Chantal Montellier, en rappelle le projet et les missions :

" “J’ai fait un rêve”, moi aussi. J’ai rêvé d’une mixité des genres, notamment dans le domaine des images, quelles soient ou non narratives, de cinéma ou de bande dessinées.

Le cinéma, notre hôte Jean-Michel Arnold, (voir Wikipédia), sait bien que ce n’est pas un art qui se conjugue facilement au féminin, et qu’il faut chercher longtemps dans l’histoire du genre avant de trouver des noms de femmes de la taille de ceux de Méliès, Eisenstein, Félini, Bunuel, Georges Lucas...

C’est la décennie d’après 68 qui a amorcé un processus de féminisation dans le mode de la création visuelle. C’est elle qui a eu le mérite d’apporter quelques alternatives à la représentation dominante des sexes et des rapports de sexe, à l’écran et ailleurs. C’est cette décennie qui a permis de donner une voix à des personnages féminins différents des traditionnelles maman, vamp et putain.

C’est seulement après 68 que certains noms de femmes ont commencé à émerger. Un cinéma lié a ce qu’on appellera dans les années 70 « le cinéma des femmes ». Des noms apparaissent alors, qui illustrent chacun à leur manière une nouvelle façon de “tourner” : Agnès Varda, Coline Serreau, Nelly Kaplan, et plus tard Sophia Coppola, Jane Campion...

Par rapport à ce mouvement, la “bd des femmes”, elle, reste à faire, même si les années 70 l’ont aidée à apparaître et à s’affirmer. La revue “Ah ! Nana” publiée par les Humanoïdes associés y a contribué, mais elle tomba sous les coups de la censure au 9e numéro, pour une pornographie qu’elle ne contenait pas. La perte de ce support condamna certaines dessinatrices à retourner à la bd pour enfant, territoire assigné aux femmes. Cependant, quelques noms de bédéastes ont réussi à émerger, comme ceux de Claire Brétécher, Nicole Claveloux ou Annie Goetzinger...(et aussi le mien).

Aujourd’hui en France, si des talents féminins apparaissent chaque jour dans le 9e art, ils sont hélas trop souvent prisonniers des représentations dominantes, comme on a pu, pendant trois ans, en faire le constat au sein d’Artémisia. Cela nous semble être un recul par rapport aux années du féminisme.

A l’heure ou nous sommes, l’imaginaire et les images des femmes semblent être toujours à libérer, toujours à connaître et reconnaître, toujours à intégrer, et nous y travaillons.

Il nous semble que l’émancipation des femmes passe par la libération de leur imaginaire, y compris dans les arts narratifs. Certes cela ne va pas sans risque puisque, comme l’écrivait si bien la trop obscure Marie Bashkirtseff, peintre et dessinatrice géniale, doublée d’un excellent écrivain, mais morte trop jeune hélas : “La femme qui s’émancipe ainsi (par la création artistique), surtout si elle est jeune et jolie, devient immédiatement une créature singulière, remarquée, blâmée, toquée, et, par conséquent, encore moins libre qu’en ne choquant pas les usages idiots de la société.”

C’est contre ces “usages idiots”, qui ne cessent pourtant de se reproduire, que veut se battre Artémisia, placée sous le double patronage de l’artiste caravagesque Artémisia Gentileschi et de la déesse des femmes, Artémis, qui veille avec arcs et flèches sur les zones de passage et nous l’espérons, sur celle-ci."

Pour Artémisia

Chantal Montellier.

Chantal Montellier et Thierry Groensteen.

De gauche à droite : Martine Huet, Thierry Groensteen, Chantal Montellier, Lili Sztajn, Valérie de Saint-Do, Yves Frémion, Carole Schilling, Miles Hyman.

De gauche à droite : Thierry Groensteen, Martine Huet, Chantal Montellier, Lili Sztajn, Valérie de Saint-Do, Yves Frémion, Carole Schilling, Miles Hyman.

Sur la photo, Jean-Pierre Dionnet, éditeur de bande dessinée (avec les bras croisés), et Michel-Edouard Leclerc, mécène de l’association (avec une chemise bleue).

Chantal Montellier.

Déjeuner de presse de l’association Artémisia

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De gauche à droite : Martine Huet, Thierry Groensteen, Chantal Montellier, Lili Sztajn, Valérie de Saint-Do, Yves Frémion, Carole Schilling, Miles Hyman.

En ouverture du déjeuner de presse qui s’est tenu le 10 décembre en présence du jury d’Artémisia, la créatrice de l’association "pour la promotion de la bande dessinée féminine", Chantal Montellier, en rappelle le projet et les missions :

" “J’ai fait un rêve”, moi aussi. J’ai rêvé d’une mixité des genres, notamment dans le domaine des images, quelles soient ou non narratives, de cinéma ou de bande dessinées.

Le cinéma, notre hôte Jean-Michel Arnold, (voir Wikipédia), sait bien que ce n’est pas un art qui se conjugue facilement au féminin, et qu’il faut chercher longtemps dans l’histoire du genre avant de trouver des noms de femmes de la taille de ceux de Méliès, Eisenstein, Félini, Bunuel, Georges Lucas...

C’est la décennie d’après 68 qui a amorcé un processus de féminisation dans le mode de la création visuelle. C’est elle qui a eu le mérite d’apporter quelques alternatives à la représentation dominante des sexes et des rapports de sexe, à l’écran et ailleurs. C’est cette décennie qui a permis de donner une voix à des personnages féminins différents des traditionnelles maman, vamp et putain.

C’est seulement après 68 que certains noms de femmes ont commencé à émerger. Un cinéma lié a ce qu’on appellera dans les années 70 « le cinéma des femmes ». Des noms apparaissent alors, qui illustrent chacun à leur manière une nouvelle façon de “tourner” : Agnès Varda, Coline Serreau, Nelly Kaplan, et plus tard Sophia Coppola, Jane Campion...

Par rapport à ce mouvement, la “bd des femmes”, elle, reste à faire, même si les années 70 l’ont aidée à apparaître et à s’affirmer.
La revue “Ah ! Nana” publiée par les Humanoïdes associés y a contribué, mais elle tomba sous les coups de la censure au 9e numéro, pour une pornographie qu’elle ne contenait pas. La perte de ce support condamna certaines dessinatrices à retourner à la bd pour enfant, territoire assigné aux femmes.
Cependant, quelques noms de bédéastes ont réussi à émerger, comme ceux de Claire Brétécher, Nicole Claveloux ou Annie Goetzinger...(et aussi le mien).

Aujourd’hui en France, si des talents féminins apparaissent chaque jour dans le 9e art, ils sont hélas trop souvent prisonniers des représentations dominantes, comme on a pu, pendant trois ans, en faire le constat au sein d’Artémisia. Cela nous semble être un recul par rapport aux années du féminisme.

A l’heure ou nous sommes, l’imaginaire et les images des femmes semblent être toujours à libérer, toujours à connaître et reconnaître, toujours à intégrer, et nous y travaillons.

Il nous semble que l’émancipation des femmes passe par la libération de leur imaginaire, y compris dans les arts narratifs. Certes cela ne va pas sans risque puisque, comme l’écrivait si bien la trop obscure Marie Bashkirtseff, peintre et dessinatrice géniale, doublée d’un excellent écrivain, mais morte trop jeune hélas :
“La femme qui s’émancipe ainsi (par la création artistique), surtout si elle est jeune et jolie, devient immédiatement une créature singulière, remarquée, blâmée, toquée, et, par conséquent, encore moins libre qu’en ne choquant pas les usages idiots de la société.”

C’est contre ces “usages idiots”, qui ne cessent pourtant de se reproduire, que veut se battre Artémisia, placée sous le double patronage de l’artiste caravagesque Artémisia Gentileschi et de la déesse des femmes, Artémis, qui veille avec arcs et flèches sur les zones de passage et nous l’espérons, sur celle-ci."

Pour Artémisia

Chantal Montellier

Chantal Montellier et Thierry Groensteen

Vous pouvez découvrir les autres photographies du déjeuner dans la rubrique "Association Artémisia", sur le site de Chantal Montellier.

Déjeuner de presse de l’association Artémisia

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Artémisia se veut apolitique, mais résolument solidaire des talents féminins, notamment de ceux en difficultés en raison du sexisme et des représentations dominantes (andro-centrées trop souvent). En situation de faiblesse sociale, donc facile à rabaisser, manipuler, exploiter, ignorer, humilier, piétiner...

Une phrase de Rimbaud est gravée sur notre blason, la voici :

“Quand sera brisé l’infini servage de la femme, quand elle vivra pour elle et par elle, l’homme - jusqu’ici abominable - lui ayant donné son renvoi, elle sera poète, elle aussi ! La femme trouvera de l’inconnu ! Ses mondes d’idées différeront-ils des nôtres ? Elle trouvera des choses étranges, insondables, repoussantes, délicieuses ; nous les prendrons, nous les COMPRENDRONS”. Arthur Rimbaud

La question de l’imaginaire féminin et de ses représentations, de sa part et de sa place, en fonction des origines sociales des artistes est donc, depuis la première seconde, au cœur du projet d’Artémisia dont le nom de baptême est emprunté à celui d’Artémisia Gentilleschi, première femme artiste répertoriée dans l’histoire de l’art, et qui paya le prix fort pour sa liberté et son talent (viol, procès, tortures, humiliations publiques, humiliations sexuelles, etc...).

Artémisia survécut au pire et devint une assez fine politique, ce qui lui permit de peindre jusqu’à un âge avancé.

Pour finir, quelques phrases tirées d’un livre de Pierrette Fleutiaux que je vous recommande : La saison de mon contentement, dans lequel il est question du rôle du féminin dans la course à la présidentielle.

- “Ce qu’il ne pouvait supporter c’est qu’une femme marche sur son territoire mental” P. 321

- “La maison du féminin est au bout d’un si long chemin, cachée par tant de brouillards, et sur le chemin tant de fausses maisons apparaissent qui ne révèlent que des façades, ou s’effacent comme des mirages, des maisons murées qui n’ont ni porte ni fenêtre, des maisons bien meublées et aucun meuble n’a la bonne taille, des maisons pièges, et des maisons qui se défont sans crier gare. Les femmes vont de maison en maison, s’installent dans l’une ou l’autre, bon gré mal gré font avec ce qu’elles trouvent. C’est incroyable tout ce qu’elles arrivent à faire dans ces maisons qui ne sont pas celles de leur être, elles peuvent tisser de la vie, dans le moindre recoin qui s’y prête, elles peuvent âprement défendre ce bien qu’elles ont trouvé, elle peuvent tourner le dos à ceux qui leur désignent des issues, elles continuent à tisser de la vie. O mes tisseuses, je ne sais que penser de vous ; je suis chacune de vous, je suis l’être aux mille maisons, dont aucune n’est celle de son être, je suis l’être qui cherche sa maison." P. 314

Artémisia sera t-elle ma maison ? La vôtre à toutes (et à ceux qui nous aident) ? Je l’espère.

Pour Artémisia

Chantal Montellier

La rentrée d’Artémisia

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Dans le précédent article concernant l’association Artémisia, intitulé "Artémisia entame une nouvelle phase !", nous n’étions pas encore en mesure de dévoiler la liste complète du nouveau jury du concours. La voici aujourd’hui :

- Marguerite Abouet, scénariste BD ;
- Yves Frémion, écrivain, scénariste, élu régional à la culture ;
- Thierry Groensteen, historien et théoricien de la BD, éditeur de "traits féminins" ;
- Martine Huet, psychologue, grande lectrice, passionnée par les arts plastiques et narratifs ;
- Miles Hyman, dessinateur ;
- Chantal Montellier, dessinatrice et scénariste ;
- Annie Pilloy, essayiste et conférencière (la part et la place du féminin dans le 9e art) ;
- Valérie de Saint Do, journaliste, codirectrice de la revue culturelle Cassandre/Horschamp ;
- Lili Sztajn, traductrice (dernièrement Tamara Drew de Posy Simmonds chez Denoël Graphic) ;
- Carole Schilling, directrice artistique.

Collaborateurs :
- Florie Boy, étudiante en master Cultures de l’Ecrit et de l’Image à Lyon, est également devenue la collaboratrice de l’association Artémisia et de Chantal Montellier ;
- Michel Lebailly, notre ami libraire repéreur d’albums au féminin (librairie Goscinny) ;
- Polska, sculptrice du trophée.

Sans oublier notre courageux mécène (car l’aventure n’est pas si facile) : Michel-Edouard Leclerc.

Le nouveau jury d’Artémisia au complet

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Chers lecteurs de ce blog et amis d’Artémisia,

Un petit point sur Artemisia, qui entame une nouvelle phase !

Artemisia 1 est née très souterrainement, et a avancé dans l’ombre jusqu’à la remise de son premier trophée à sa première lauréate, Johanna Schipper, à Angoulême en 2008. Bien que nous ne représentions pas grand chose à ce moment-là, le destin du livre de Johanna Schipper en a tout de même été changé. Un peu plus de visibilité donc un peu plus de ventes.

Artemisia 2 est née quand Michel Edouard Leclerc a accepté de doter le prix de 3000 euros, et de nous aider pour les frais de fonctionnement. La séance de remise de prix à Tanxxx et Lisa Mandel (pour l’album Esthétique et filatures), à la librairie la Hune de Saint-Germain fut une belle réussite. Plusieurs médias importants y ont fait écho, comme Le Monde, France Culture... Et de nombreux sites sur Internet. La fréquentation du blog d’ Artémisia a fortement augmenté, notamment avec toutes les discussions fort animées et contrastées sur la Maison close. Mon site personnel en a également bénéficié.

Mais un groupe évolue avec le temps, connaît des désaccords, des brouilles, des départs, des arrivées, des renouvellements. La vie quoi ! et Artémisia est bien vivante.

Après deux ans à la présidence d’ Artémisia, Jeanne Puchol, qui a fait un efficace travail de présidente, (mais aussi de secrétaire et d’animatrice du blog) nous quitte, espérons provisoirement, laissant la responsabilité à Valérie de Saint Do. Valérie est par ailleurs la directrice de la revue Cassandre-Horschamp dont je recommande à tous la lecture. Le numéro 77 intitulé "Le temps des alliances" est consacré essentiellement à "l’ Appel des appels", dont mes visiteurs ont sans doute entendu parler ? Ce numéro est passionnant et j’y publie deux pages de dessins, comme plus aucun support de presse n’ose en publier !

Marie-Jo Bonnet, retourne se consacrer à sa propre association "Souffle d’Elles" qui lui demande beaucoup d’énergie. Nous la remercions pour ce bout de chemin fait ensemble, et pour sa caution d’historienne de l’art des femmes. J’espère que l’art des bédéastes sera un jour pour elle un vrai sujet d’étude et de réflexion. Anne Bleuzen et Sylvie Fontaine laisseront la place à Miles Hyman (dessinateur et illustrateur génial) et Thierry Groensteen (éminent critique et essayiste). Après ces deux années au féminin pluriel, la mixité nous a finalement manqué. Elle nous semble chose plus saine et plus équilibrée qu’un jury et un groupe totalement fermés aux hommes.

Que toutes soient remerciées pour leur soutien et leur apport. Ce n’est qu’un au revoir, espérons-nous.

Les membres du jury d’ Artemisia sont pour l’instant :

Marguerite Abouet, brillante scénariste bd Thierry Groensteen, essayiste et éditeur, que l’on ne présente plus ! Miles Hyman, dessinateur bd et illustrateur Chantal Montellier, auteure dessinatrice Valérie de Saint Do, journaliste culture Carole Shilling, directrice artistique

D’autres viendront, la liste n’étant aujourd’hui pas fermée...

L’association persiste et signe donc dans sa volonté de soutenir la création au féminin dans la bande dessinée. Nous allons nous pencher très bientôt sur les albums de 2009. Que les lecteurs n’hésitent pas à nous signaler des coups de cœur et à réagir sur l’actualité BD ! Merci.

Chantal Montellier-Streiff, fondatrice d’ Artémisia.

L’association Artémisia entame une nouvelle phase !

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Un monde de BD

17 décembre 2008 Michel-Edouard, le Medicis d’Artemisia

Michel-Edouard Leclerc, nouveau Médicis ? Le patron des hypermarchés Leclerc sera-t-il le Cosme de Medicis des auteures de bandes dessinées regroupées dans l’association Artemisia, qui attribue le prix du même nom ?

En dotant ce prix de 3000 euros et lui garantissant une vaste couverture médiatique via les quelque 200 Espaces culturels de ses hypers, Michel-Edouard Leclerc, qui a déjà témoigné de son intérêt pour la BD en apportant pendant plus d’une décennie plusieurs miilions d’euros au festival BD d’Angoulême et en signant des albums d’histoire critique sur la BD, devrait donner davantage de résonance à ce jeune prix.

“Je suis un partenaire sincère, a-il-tenu à souligner, je suis là pour donner de l’audience à Artemisia.” Depuis sa création en 2007, le prix a couronné une jeune auteure de BD, Johanna Schipper (”Nos âmes sauvages”, éd. Futuropolis). A l’époque, pour prix, elle avait reçu une sculpture en bronze de Vénus, conçue par Polska, lauréate du prix Bourdelle et créatrice du buste de la Marianne-Catherine Deneuve. Cette Venus, bien sûr, sera aussi attribuée à la nouvelle lauréate.

Le prix Artemisia sera annoncé vendredi 9 janvier - jour de la naisssance de Simone de Beauvoir. Il distinguera l’une des huit nominées de cette année : Nathalie Ferlut (”Lettres d’Agathe”, Delcourt), Joanna Hellgren (”Frances”, Cambourakis), Lisa Mandel et Tanxxx (”Esthétique et filatures”, Casterman/KSTR), Estelle Meyrand (”Scrooge”, scénario de Rodolphe d’après Dickens, Delcourt), Anne Rouquette (”Bons, mauvais grands et petits joueurs”, éd. Lito),Posy Simmonds (”Tamara Drewe”, Denoël Graphic, album déja primé par l’Association des critiques de BD).

Marzena Sowa (”Marzi”, sur un dessin de Sylvain Savoia, éd. Dupuis) et Céline Wagner (”Zeste”, éd. des ronds dans l’O). Soit un “panachage” d’auteures de Bd confirmées et de plus ou moins débutantes, mais qui toutes représentent le haut de gamme de la BD.

Le prix (dotation et statue) sera remis le 13 janvier, à la librairie la Hune, à Paris, soit à quelques jours du 36°festival de la BD d’Angoulême qui commence le 29 janvier.

Les femmes scénaristes et dessinatrices de BD sont encore peu nombreuses. Les estimations font état d’un peu plus de 150 auteures, soit 10% de la totalité des auteurs de BD reconnus comme tels. Elles étaient 7,5% il y a trois ans, selon le rapport annuel de L’ACBD, dressé par Gilles Ratier.

Une augmentation encore faible, relayée par la rareté des grands prix d’Angoulême attribués à des auteures (Claire Bretécher et Florence Cestac en trois décennies) mais qui va toutefois de pair avec l’accroissement du nombre de - jeunes - lectrices et avec une double ouverture : celle de sociétés d’édition au sein desquelles oeuvrent plus d’éditrices qu’auparavant , sans doute moins “effrayées” par une sensiblité aussi diverse et créative que celle des auteurs masculins ; et celle de champs autres que l’intimisme, l’autobiographie, les girly-stories, longtemps attribués aux seules auteures de BD, oubliant les BD politiques de Chantal Montellier, les westerns différents de Laurence, Harlé, les incursions dans l’histoire et le polar d’Annie Goetzinger ou les satires du couple et de la famille chères à Florence Cestac ou Dodo, mais aussi Bretécher, Claveloux, Borile, pour ne citer que quelques glorieuses aînées.

“Le prix Artemisia permet d’avoir une vue globale de la création actuelle des auteures de BD”, fait remarquer Jeanne Puchol, présidente d’Artemisia. “L’autobiographie, l’intimisme, c’est dû à un climat dépolitisé, résume Chantal Montellier, membre fondatrice d’Artemisia. La sélection du prix donne l’occasion de vérifier qu’il y des auteures qui conçoivent différemment la BD. Ce qui n’est pas évident : quand j’arrivais avec mes BD, les éditeurs me disaient tous : “vous tranchez !”. Le prix veut aussi aider de jeunes auteures, sachant que dans ce milieu, la question centrale est : combien vont durer et comment ? Durer, c’est ‘lune des questions essentielles de la vie artistique”.

Les membres du prix sont neuf, comme 9° art, et sont elles-mêmes auteures de BD, peintres, illustratrices et écrivaines d’Artemisia. Hormis sa présidente, Jeanne Puchol, auteure du récent Les Jarnaqueurs (Le Poulpe 16 et La Bouchère du bûcher) , le jury comprend Marguerite Abouet (Aya), Anne Bleuzen (journaliste-écrivain), Marie-Jo Bonnet (Les femmes dans l’art), Sylvie Fontaine (Le poulet du dimanche), Marie Moinard ( Les Ronds dans l’O), Chantal Montellier (Tchernobyl mon amour, Le Procès de Kafka), Valérie de Saint-Do (journaliste-écrivain). Annie Pilloy, a quant à elle, quitté l’Association pour raisons personnelles... Les jurées d’Artemisia n’ont pas choisi ce nom par hasard.

Elève du Caravage, l’italienne Artemisia Gentileschi était une artiste peintre du XVII° siècle qui fut l’égale des plus grands et célébrée comme telle à son époque, non sans avoir d’abord été trainée dans la boue par des écrits qui visaient à la discréditer en tant que femme et artiste.

Son appartenance au genre féminin ainsi qu’au “caravagisme” l’empêcha ensuite d’être reconnue et d’être prise en compte, elle et son oeuvre, selon ce fameux “processus d’effacement” qui connut son apogée au XIX° siècle.

Protégée des Medicis, Artemisia a beaucoup peint, notamment “Judith décapitant Holopherne”, “Judith et sa servante” ou “Suzanne et les vieillards”... Pour nombre d’artistes et de féministes, de spécialistes et d’historiens de l’art, elle reste emblématique de la femme peintre et libre.

La mise en lumière du prix Artemisia devrait faciliter l’épanouissement de l’Association qui le porte et favoriser la reconnaissance des auteures de BD. Figurent aussi au menu du développement : un site plus riche, l’ouverture “au dessin de presse et à d’autres formes graphiques”, selon Jeann Puchol. Chaque année, enfin, la sélection du prix sera versée au fonds Marguerite Durand, à Paris, où sont conservés écrits et oeuvres féminines et féministes. Le jury du prix restera non-mixte mais les hommes souhaitant rejoindre les rangs d’Artemisia sont les bienvenus. En plus d’être un mécène, Michel-Edouard Leclerc serait donc aussi un pionnier.

Artémisia dans Le Monde

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Les albums sélectionnés par le jury d’Artémisia

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Artémisia défend la bande dessinée au féminin

[25/11/2007]

Le jury Artémisia 2008 au complet ou presque. Photo (c) François Boudet

A la mi-décembre sera rendue publique une liste de livres en compétition officielle pour le premier Prix Artémisia. Ce prix, qui sera annoncé le 9 janvier 2008, récompensera « un album scénarisé et/ou dessiné par une ou plusieurs femmes ».

L’initiative en revient à l’association Artémisia, ainsi nommée en hommage à Artémisia Gentileschi, une peintre italienne du XVIIème siècle parmi les plus douées de sa génération, première femme admise à l’Académie du dessin de Florence, et qui toute sa vie dût lutter contre les préjugés sexistes de ses contemporains.

A ce jour, et bien qu’elles soient chaque année plus nombreuses, moins de 10% des auteurs de bande dessinée sont des femmes. Une telle disparité étonne d’autant plus, que le public féminin semble bel et bien présent dans les librairies spécialisées et parmi les visiteurs des festivals de bande dessinée.

Dans d’autres domaines littéraires, des femmes ont voulu porter un regard féminin sur la production. Ainsi, le "Femina" est-il, comme son nom l’indique, un jury de femmes. Ce dernier, toutefois, ne s’interdit pas de récompenser des oeuvres écrites par des hommes. La démarche d’Artémisia est, sans doute, plus militante ; nous avons souhaité donner la parole à cette jeune association.

En 2007, est-il plus difficile d’être une femme plutôt qu’un homme pour exercer un métier lié à la bande dessinée ?

Artémisia : La situation des femmes dans la bande dessinée est vécue de manière très diverse par les intéressées. Il y a celles pour qui « ça marche » et celles qui rament ; celles qui se réjouissent d’espaces dédiés aux femmes auteurs – collections, festivals, prix – et celles qui s’en méfient, y voyant des ghettos. Bref, difficile de faire un constat…

Il y a peu de femmes députées, peu de femmes chef d’orchestre, compositrice, dirigeante d’une entreprise du Cac 40… Tout métier un tant soit peu lié au pouvoir – la création étant une forme de pouvoir sur les imaginaires – compte plus d’hommes que de femmes. Pourquoi ? Parce que les femmes sont des petits êtres fragiles à qui le pouvoir répugne ? Ou parce que les hommes montent la garde à l’entrée avec une grosse massue ? Après tout, Jérôme, vous qui êtes un homme, vous êtes mieux placé que nous pour répondre à cette question.

En quoi une démarche de discrimination positive, comme un prix pour récompenser une femme auteur, est-elle nécessaire aujourd’hui ?

Artémisia : Nous ne pensons pas le Prix Artémisia en termes de discrimination positive. Ce sont bien plutôt les autres prix décernés au long de l’année qu’il faudrait interroger en termes de discrimination… négative ! Pour exemple, le festival d’Angoulême, après avoir honoré quatre femmes en 2001 – Cestac présidente, ceci explique peut-être cela –, les a totalement ignorées en 2007. Or, les femmes sont, en valeur absolue, de plus en plus nombreuses – la valeur relative progresse lentement pour s’établir entre 9 et 10% de la totalité des auteurs. Les prix décernés à Angoulême et ailleurs ne reflètent pas cette évolution.

Quelles circonstances vous ont amenées à créer l’association Artémisia ?

Artémisia : L’idée d’un prix récompensant une BD de femme est apparue lors d’un déjeuner réunissant Marie-Jo Bonnet, historienne de l’art, Chantal Montellier et Jeanne Puchol, auteurs de BD, le 30 juin 2007. Nous avons constaté que les femmes étaient sous-représentées chez les critiques et dans l’édition – beaucoup de femmes directrices de collection ici et là ne sont en fait pas décisionnaires. Et que cet espace manquant, d’un regard féminin sur la production BD, il nous suffisait de le créer au lieu de nous lamenter sur son absence. La maison d’édition l’Association ne s’est pas créée autrement : six auteurs qui n’arrivaient pas à faire publier leurs projets ont décidé de le faire eux-mêmes. C’est marrant comme on ne demande jamais à la non-mixité masculine de se justifier, alors que la non-mixité féminine, franchement, c’est louche.

Avant même de constituer le jury, nous avons contacté chacune nos relations, consœurs, amies dont nous savions qu’elles partageaient nos analyses, afin de réunir les six fondatrices de l’association – à savoir, outre les sus-mentionnées, Anne Bleuzen, rédactrice free-lance et chroniqueuse BD, Sylvie Fontaine, auteur de BD, illustratrice et peintre et Marie Moinard, éditrice des Ronds dans l’O et critique de BD. Pour le jury, que nous souhaitions un peu plus nombreux, sont venues nous rejoindre Marguerite Abouet, scénariste, Annie Pilloy, auteur de nombreux livres et articles sur les femmes et la BD, et Valérie de Saint Do, directrice de la rédaction de la revue culturelle Cassandre. Le jury ainsi composé est ouvert à des spécialistes d’autres champs que la bande dessinée ; les auteurs de BD n’y sont pas majoritaires ; plusieurs générations s’y côtoient.

Un prix, cela fait un élu, et beaucoup de déçus. Pourquoi avoir choisi ce type d’action plutôt qu’autre chose ?

Artémisia : Un prix, c’est plus facile à mettre sur pied qu’un festival (mais ça viendra peut-être…). Un prix, c’est un événement très visible. Un prix, c’est le meilleur moyen de donner un « coup de pouce » à une auteure et son travail. C’est aussi une façon de donner envie aux éditeurs de publier plus de femmes, puisqu’ils savent que, désormais, au moins une d’entre elles sera désignée chaque année.

9e art, 9 membres dans le jury, 9 janvier... Y a-t-il une raison particulière pour le choix du 9 janvier comme date de remise du prix ?

Artémisia : Bravo Jérôme, vous êtes le premier à avoir remarqué cette volontaire convergence de 9. Et en plus, le 9 janvier 2008 sera le centenaire de la naissance de Simone de Beauvoir (auteur du « 9e sexe »). Quand vous saurez que le 9 symbolise de surcroît le couronnement des efforts et l’achèvement d’une création, vous comprendrez que nous n’avons rien laissé au hasard.

Outre la remise de son prix annuel, l’association Artémisia aura t-elle d’autres activités ?

Artémisia : L’association Artémisia s’est donné comme but d’œuvrer pour la visibilité du travail des femmes dans la bande dessinée par tous moyens. Il s’agira en particulier de l’organisation d’expositions, de colloques, tables rondes ou débats. La réalisation d’un blog et d’un site internet fait partie de nos objectifs à court terme. Nous aimerions en particulier créer la première base de données consacrée sur le net aux femmes auteurs de BD, qui recenserait leurs noms et le titre de leurs œuvres depuis les pionnières jusqu’à nos jours.

Tous les dossiers sur "la bande dessinée au féminin" citent la revue Ah ! Nana, victime au bout de neuf numéros d’une censure qui lui fut fatale. Mais comment expliquez-vous qu’aucune autre initiative comparable n’ait vu le jour depuis ? Envisagez-vous de lancer une revue ?

Artémisia : Il aurait fallu que cette initiative voie le jour dans les années où les revues de BD avaient encore un public : celles qui auraient pu le faire sont précisément celles qui l’ont fait et dont l’élan a été stoppé net. À partir de 1990, les disparitions successives de Pilote, (À Suivre), la durée de vie toujours plus brève des différentes tentatives de remettre sur pied un magazine BD n’ont pas formé un contexte très favorable à la création d’un magazine BD 100% femmes.

Votre communiqué de presse évitait l’emploi du mot auteur (les mots sparadrap et cerf-volant n’y étaient pas cités non plus, je vous l’accorde). Mais quelle orthographe préconisez-vous : "une auteur", ou "une auteure" (avec -e final) ?

Artémisia : Il y a deux tendances au sein d’Artémisia : il y a les « Canadiennes » qui ne jurent que par « auteure » et les « Grammairiennes » qui ne démordent pas de « femme auteur ». En fait, on est au bord du schisme, donc choisissez votre camp avec soin.

Propos recueillis en novembre 2007 par Jérôme Briot - publiée sur le site BD Gest’

Photo (c) François Boudet

Interview de Jeanne Puchol

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Conférence de Presse du jeudi 8 novembre 2007

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sur Radio Libertaire (31 octobre 2007) - Durée : 40 mn

MP3 - 37.3 Mo

ENTRETIEN avec Chantal Montellier et Jeanne Puchol

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LA BANDE DESSINEE AU FEMININ BIENTOT HONOREE PAR UN NOUVEAU PRIX

Pourquoi un prix Artémisia de la BD ?

Parce que la création BD au féminin nous semble peu connue et reconnue, peu valorisée et éclairée, quelques arbres surexposés cachant la forêt des talents laissés dans l’ombre ou à l’abandon.

Parce qu’un regard féminin sur la production BD nous paraît essentiel.

Parce que se donner le pouvoir de reconnaître et non pas seulement de produire est un enjeu et un symbole des plus importants pour les femmes qui participent à cette aventure.

Parce que la BD destinée à tous et largement diffusée, reste un média dominé par l’imaginaire masculin, qui véhicule des stéréotypes écrasants.

Parce que les jurys, notamment pour les présélections (cf. Angoulême), sont généralement composés des seuls représentants du sexe dit fort.

Parce qu’il n’y a pas de raison pour que seule la littérature avec son prix Fémina, et le cinéma avec son festival de Créteil, aient droit à des espaces de légitimation et de reconnaissance au féminin.

C’est pour toutes ces raisons (et quelques déraisons) que nous souhaitons créer un prix qui distinguera un album scénarisé et/ou dessiné par une ou plusieurs femmes. Il sera décerné chaque année le 9 janvier.

Pourquoi le prix Artémisia ? Le personnage et le destin de la grande artiste italienne du XVIIe siècle, Artémisia Gentileschi, symbolisent à eux seuls ceux de la femme artiste (plasticienne) dans nos sociétés patriarcales, par-delà les temps et les régimes. Il nous a semblé utile et juste de rattacher ce prix qui honore l’image narrative féminine, à l’histoire plus large, plus riche et plus explorée de la création graphique au féminin. Ceci afin de ne pas risquer de nous retrouver enfermées nous-mêmes dans nos propres phylactères.

Vous êtes chaleureusement convié(e) à la conférence de presse qui aura lieu le 8 novembre 2007 à 17 heures à la Librairie Goscinny : 5 bis, rue René Goscinny 75013 Paris.

Les membres du prix Artémisia BD : Marguerite Abouet, Anne Bleuzen, Marie-Jo Bonnet, Sylvie Fontaine, Marie Moinard, Chantal Montellier, Annie Pilloy, Jeanne Puchol, Valérie de Saint-Do.

Contact par mail : assoartemisia@gmail.com ou par courrier à Association Artémisia - 8 place Rhin et Danube - 75019 Paris

Le blog de l’association :
http://associationartemisia.blogspot.com/

Communiqué de presse 1 - 2 octobre 2007

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